Un sondage qui bouleverse la campagne bordelaise
Le scrutin municipal à Bordeaux s'annonce particulièrement serré selon le dernier sondage publié conjointement par Sud Ouest, LCI et Sud Radio ce mercredi 25 février. Cette enquête d'opinion, qui draine son lot d'incertitudes, place effectivement le maire sortant écologiste Pierre Hurmic en tête du premier tour avec 33% des intentions de vote. Cependant, cette avance ne garantit en rien une victoire au second tour, ouvrant la voie à des recompositions politiques déterminantes.
La gauche fragmentée, un défi pour Hurmic
Pierre Hurmic doit composer avec une gauche plurielle et divisée. Sur son flanc gauche, le candidat de La France insoumise Nordine Raymond obtient 12% des voix et semble en mesure de se maintenir au second tour. Cette présence complique considérablement la stratégie du maire sortant, qui rejette avec constance toute alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. "J'ai un socle dur de partis politiques d'une gauche de gouvernement", défend Hurmic, ajoutant que "une élection se gagne si on va chercher l'électeur et l'électrice un par un".
Cazenave face au dilemme Dessertine
Le principal adversaire de Pierre Hurmic, le député macroniste Thomas Cazenave, recueille quant à lui 25% des intentions de vote. Mais sa situation est tout aussi précaire, car il est talonné par l'économiste Philippe Dessertine, nouveau venu en politique, qui obtient 15%. Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, résume la situation : "Ils ont tous les deux leur épée de Damoclès". Thomas Cazenave ne s'en cache pas et fait ouvertement des appels du pied à Philippe Dessertine, dont la percée notable semble se tasser depuis l'automne.
Interrogé lors du grand débat des municipales organisé par TV7 ce jeudi 26 février, Dessertine, qui revendique une liste société civile, se refuse à "tirer des plans sur la comète". Il déclare fermement : "Je me maintiendrai parce que je veux un nouveau projet pour Bordeaux et une nouvelle équipe. Je ne suis pas un politique traditionnel, désolé de vous décevoir sur ce point". Face à cette position, Cazenave conclut : "Philippe Dessertine a entre les mains une partie des clés du scrutin".
Les scénarios du second tour
Les projections révèlent que si Philippe Dessertine ralliait Thomas Cazenave, ce dernier obtiendrait 37% des voix contre 35% pour Pierre Hurmic, avec une marge d'erreur de 3%. Même sans défaite certaine, le maire sortant écologiste pourrait alors se retrouver dans une situation extrêmement tendue. De son côté, Nordine Raymond maintient son discours habituel : s'il arrive en tête, le candidat LFI "tendra la main à l'ensemble des gauches". Et si Hurmic le devance ? "Mon téléphone sera allumé toute la nuit et s'il ne sonne pas, ce sera à lui d'assumer son choix", prévient-il.
L'extrême gauche en embuscade
Dans le paysage politique bordelais, il ne faut pas négliger Philippe Poutou, ex-syndicaliste de Ford Blanquefort et trois fois candidat anticapitaliste à la présidentielle. Conseiller d'opposition sortant, il ne forme plus d'attelage avec LFI car celle-ci "n'exclut pas une alliance avec Hurmic". "Pour nous, c'est hors de question. Il a expulsé des squats, armé la police municipale, etc.", explique-t-il. Tout juste entré en campagne, le nouveau libraire est crédité de 5% des intentions de vote.
Ce sondage confirme ainsi que l'élection municipale à Bordeaux se jouera dans les alliances d'entre-deux-tours. Alors que la campagne semble enfin s'emballer, chaque pourcentage devient crucial et chaque positionnement peut faire basculer le scrutin. Les électeurs bordelais devront donc suivre avec attention les prochains développements d'une bataille électorale plus indécise que jamais.



