Sénatoriales dans le Var : duels à droite, RN ambitieux, centre en embuscade
Sénatoriales dans le Var : droite divisée, RN en embuscade

Une recomposition politique majeure dans le Var

À un mois et demi des municipales et de l'installation des collectivités, l'attention se tourne désormais vers les sénatoriales du 27 septembre. Dans le Var, cette élection prend une importance décuplée car elle se déroule à environ six mois de la présidentielle. Sur les quatre sièges à pourvoir, trois sortants ont annoncé ne pas briguer un nouveau mandat : Michel Bonnus, Jean Bacci et André Guiol. Seule Françoise Dumont, secrétaire départementale LR, se représente, cette fois en tête de liste. Elle brigue l'investiture nationale et devrait présenter une liste de six noms, dont deux suppléants. Christian Simon, maire de La Crau et vice-président de la Métropole TPM, est pressenti en deuxième position, ce qui lui offrirait de sérieuses chances de siéger au Palais du Luxembourg.

Une dissidence à droite qui fragilise LR

Une situation inédite agite la droite varoise : Marc Lauriol, référent LR dans la 6e circonscription, a décidé de se présenter sans étiquette, en candidat indépendant. Il quittera le parti pour l'occasion, suscitant la colère de Françoise Dumont, qui a tenté en vain d'obtenir l'annulation de cette candidature dissidente auprès du président de la fédération LR 83, Jean-Louis Masson. Lauriol mise sur son rôle de conseiller départemental distribuant des aides aux communes pour séduire les 2 300 grands électeurs, dont 500 issus de la majorité métropolitaine sans consigne de vote. Il espère décrocher un ou deux sièges, fort de ses contacts réguliers avec les maires et adjoints du département.

Le RN en embuscade pour un groupe au Sénat

Le Rassemblement national, représenté par Frank Giletti, député de la 6e circonscription, a obtenu l'aval de Jordan Bardella pour se lancer dans la course. Avec près de 300 grands électeurs acquis grâce aux récentes victoires à Fréjus, La Seyne et Six-Fours, le RN espère conquérir un ou deux sièges, après avoir été très loin de cet objectif il y a six ans. L'émiettement des listes est perçu comme une aubaine. Parallèlement, Philippe Vitel, ancien député LR passé à l'Union des Droites pour la République (UDR) d'Éric Ciotti, a demandé l'investiture UDR. Il ambitionne de figurer en troisième position sur une liste commune RN-UDR, mise sur son expérience parlementaire et sa volonté de redynamiser la ruralité.

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Le centre tente de tirer son épingle du jeu

Pour contrer les appétits de l'extrême droite, Jean-Pierre Colin, conseiller régional proche d'Édouard Philippe, monte sa propre liste soutenue par François de Canson. Sa ligne rouge est la porosité avec le RN, et il souhaite renforcer la composante centriste du Sénat. Stéphane Lagaye, délégué UDI à Toulon, est également en lice avec une liste de six noms, dans une démarche locale. Des observateurs prédisent toutefois un possible rapprochement entre ces listes centristes avant le dépôt des candidatures.

La gauche en retrait, aucune candidature déclarée

À gauche, le paysage est incertain. Les 470 grands électeurs qui avaient soutenu André Guiol en 2020 pourraient ne pas se retrouver dans une offre claire. La gauche varoise pèserait entre 150 et 200 voix. Michel Gros, ancien maire de La Roquebrussanne non réélu, pourrait être candidat mais reste indécis. LFI n'a pas inscrit les sénatoriales à son ordre du jour départemental. Le dernier sénateur varois de gauche, Pierre-Yves Collombat, rattaché à LFI en 2017, appartient désormais au passé.

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