Une victoire écrasante pour l'ancien rugbyman Serge Blanco à Biarritz
Le duel municipal de Biarritz s'est conclu par une victoire sans appel de Serge Blanco, l'ancienne gloire du rugby qui se lance en politique. Sa liste de rassemblement a obtenu 42% des suffrages, devançant largement la maire sortante Maider Arosteguy qui n'a recueilli que 32% des votes. Ana Ezcurra, candidate de la gauche, complète le podium avec 26%.
Un second tour décisif après un premier tour serré
Alors que les candidats étaient arrivés au coude à coude dimanche dernier, séparés de seulement 12 voix, le second tour a vu Serge Blanco creuser un écart considérable. L'ancien rugbyman affiche près de 1 400 voix d'avance sur sa concurrente, soit un écart d'environ 10% qui traduit une nette volonté de changement parmi les électeurs biarrots.
Dès la proclamation des résultats vers 20 heures, la victoire a été célébrée avec force vivats, chants basques et coups de klaxon. Peu après l'annonce officielle, devant l'escalier d'honneur de l'hôtel de ville, Serge Blanco a prononcé un discours devant ses partisans enthousiastes.
Les clés de la victoire : humain, logement et ralliement stratégique
Le nouveau maire élu a expliqué son succès par le désir de changement des Biarrots : « Les Biarrots ont envie de changement. Ils ont envie qu'on leur parle avec le cœur, qu'on les respecte. Il y a tout ce côté humain qui, aujourd'hui, doit permettre à tout le monde de s'y retrouver. La politique, c'est une chose, mais l'humain, ça a bien plus de force que la politique ».
La question du logement s'est révélée déterminante dans cette élection. Maider Arosteguy a été fragilisée par son projet de construction de 250 logements sur le site d'Aguilera, voté en toute fin de mandat. Ce projet, critiqué pour son implantation au beau milieu du plateau sportif, a été fustigé par tous ses adversaires comme un passage en force.
La victoire de Serge Blanco doit également beaucoup au ralliement stratégique de Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, arrivé en quatrième position au premier tour avec 13% des suffrages. Courtisé par les trois principaux candidats, cet ingénieur trentenaire a finalement apporté son soutien à Serge Blanco et se voit promis au poste de premier adjoint.
La maire sortante tire sa révérence
Moins affectée qu'au soir du premier tour, Maider Arosteguy a tiré sa révérence avec dignité : « Il y a le sentiment d'avoir travaillé sans relâche pour ma ville, avec mon équipe, d'avoir tout donné. D'avoir servi les Biarrots avec honnêteté, intégrité et dévouement. Donc, je ne regrette rien et je les remercie de m'avoir permis d'être leur maire pendant six ans ».
La maire sortante LR n'a pas réussi le rassemblement qu'elle appelait de ses vœux et, sans fusion avec d'autres listes, est repartie avec sa formation d'origine, ce qui a considérablement réduit ses chances de victoire.
Les défis qui attendent le nouveau maire
Serge Blanco hérite d'une ville en bonne santé financière avec un endettement faible pour son budget principal, mais doit faire face à plusieurs défis majeurs :
- La question du logement, particulièrement prégnante dans cette zone tendue soumise à de lourdes pénalités de loi SRU
- La gestion du palace de la ville, l'hôtel du Palais, géré par une société d'économie mixte qui doit renégocier ses colossaux crédits garantis par la Ville d'ici à deux ans
- La mise en œuvre de son programme électoral qu'il a promis d'appliquer intégralement
Dans son discours de victoire, Serge Blanco a remercié l'équipe qui l'entoure, avouant que « jamais sans eux je n'aurais pu réussir », et a promis de mettre en œuvre durant son mandat « tout ce qui figure sur papier dans notre programme ». Le nouveau maire de Biarritz s'apprête ainsi à relever le défi d'un mandat qu'il anticipe déjà comme « extrêmement difficile, très très complexe », selon les mots mêmes de son prédécesseur.



