Municipales à Saint-Ouen : les Écologistes divisés par la présence d'un candidat suspendu
Saint-Ouen : un candidat suspendu divise les Écologistes

Un candidat controversé divise les Verts à Saint-Ouen

La campagne des municipales à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, connaît un nouvel épisode de tensions au sein du groupe des Écologistes. Le parti local a déposé une liste autonome, « Saint-Ouen on y tient », menée par Sidonie Baignères, mais celle-ci inclut en quatrième position Driss Naïch, un candidat suspendu pour harcèlement sexiste par le Conseil de discipline des Écologistes en décembre 2025. Cette décision défie ouvertement les consignes nationales du parti, créant une fracture politique visible.

Une suspension ignorée malgré les avertissements

Le 23 février, la liste a été officiellement déposée en préfecture, avec Driss Naïch présenté comme simple « citoyen » pour contourner les règles du parti. Pourtant, les instances nationales des Écologistes avaient explicitement demandé son exclusion, en raison de sa suspension de dix-huit mois et de la recommandation d'une formation contre les violences sexistes et sexuelles. « Le présenter aussi haut sur la liste, c’est un défi pour les instances nationales », confie une source locale, soulignant l'audace de cette manoeuvre.

Selon des informations obtenues, le parti avait prévenu en amont qu'il ne devait pas figurer sur la liste, mais les responsables locaux ont choisi de l'ignorer. Une ancienne militante écologiste de la ville explique cette décision par l'aura de Driss Naïch dans les quartiers : « Difficile pour les Verts à Saint-Ouen de se passer de son influence, il peut ramener du monde et il est très proche de la tête de liste ».

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Un blocage local face aux critiques nationales

Les membres de la liste « Saint-Ouen on y tient » défendent fermement leur choix, arguant que la suspension est contestée. Ils évoquent « l’absence de preuves factuelles » et ont engagé une action en justice, avec une assignation en référé déposée la semaine dernière. « Dans l’attente, le principe de présomption d’innocence s’applique pleinement. Nous ne laisserons pas une procédure contestée fragiliser notre projet », affirment-ils, rejetant toute exclusion.

En revanche, au niveau national, les Écologistes maintiennent leur désapprobation. Un représentant du parti s'agace : « Nous n’avons pas du tout approuvé sa présence sur la liste. Driss Naïch a été suspendu, il ne peut donc pas y figurer, c’est une question de cohérence politique ». Face à l'impossibilité de modifier la liste après son dépôt définitif, les Verts envisagent de retirer leur logo des supports de campagne, une mesure symbolique pour marquer leur désaccord.

Des antécédents qui alimentent la polémique

L'affaire remonte à une enquête interne du Conseil de discipline, qui reproche à Driss Naïch du harcèlement sexiste lors de son mandat d'adjoint au commerce à la mairie de Saint-Ouen. Une ex-cadre de la ville a déposé plainte au pénal pour harcèlement moral et diffamation, ajoutant une dimension judiciaire au dossier. Driss Naïch, qui n'a pas répondu aux sollicitations, a dénoncé une cabale « contre un homme racisé » et une campagne visant à nuire à son image, tout en prétendant n'avoir reçu aucun document pour sa défense, malgré des convocations par email.

Implications plus larges et défections locales

Driss Naïch est également impliqué dans l'affaire du « cartel », un groupe de quatre militants Verts, dont Sidonie Baignères, ayant élaboré un « contrat de mandature secret » pour les municipales. Ce document imposait à l'ancienne tête de liste, Sabrina Decanton, de consulter systématiquement ces militants sur des décisions cruciales, comme l'urbanisme ou le commerce. Sabrina Decanton s'est finalement retirée en novembre, dénonçant « l’homophobie » entourant sa candidature.

Ces péripéties ont conduit une partie importante du groupe local des Écologistes à se désolidariser de la liste de Sidonie Baignères, rejoignant récemment celle de La France insoumise. Cette division illustre les tensions profondes au sein du parti, entre loyauté locale et discipline nationale, dans un contexte électoral déjà mouvementé.

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