Municipales à Saint-Jean-d'Angély : un troisième mandat en jeu pour la maire sortante
À l'approche du premier tour des élections municipales, la campagne s'intensifie à Saint-Jean-d'Angély où la maire socialiste sortante Françoise Mesnard, âgée de 64 ans, brigue un troisième et dernier mandat. Élue conseillère régionale, elle affronte cette année deux candidats déterminés : Jacques Castagnet, militant chevronné des Républicains de 84 ans, et Frédéric Rasse, novice en politique de 52 ans.
Une maire expérimentée face à une opposition divisée
Françoise Mesnard, qui se présente sous la bannière Angériens et fiers d'agir, adopte une stratégie prudente en se tenant à distance de toutes les hypothèses électorales. Elle aborde cette campagne avec la même détermination que lors de sa première élection en 2014, où elle avait fait tomber le maire sortant Pierre-Henri Denieul. En 2020, dans le contexte difficile de la pandémie de Covid-19, elle avait été largement réélue dès le premier tour avec 57,21% des suffrages exprimés, ne laissant que cinq sièges à ses opposants.
La candidate socialiste mise sur son expérience et son bilan, notamment son rôle en tant que vice-présidente à l'économie des Vals de Saintonge. Elle reste confiante malgré la présence de deux challengers qui contestent ouvertement sa gestion, particulièrement sur le plan financier.
Deux oppositions aux stratégies distinctes
Jacques Castagnet, chef de file de la liste Angériens unis, se présente comme un candidat de centre-droit et mène campagne avec un entrain certain. Ancien membre des majorités de trois maires angériens, il développe trois priorités principales :
- Le renforcement de la sécurité avec l'armement éventuel de la police municipale
- La création d'un lotissement de 40 à 50 lots
- La mise en place d'une commission extra-municipale pour le projet de thermes
Frédéric Rasse, quant à lui, mène la liste L'Humain au cœur et préfère s'exprimer sur les réseaux sociaux plutôt que dans la presse traditionnelle. Après avoir refusé tout échange avec le journal Sud Ouest, il a mandaté son colistier Thierry Beaughon pour assurer les communications avec les médias. Son programme électoral promet :
- La création de 500 emplois
- Une maison municipale de santé
- Des magasins d'usine
- Un plan d'urgence pour le centre-ville
- Le renforcement de la sécurité
Le projet de thermes : enjeu central de la campagne
Le dossier des thermes à Saint-Jean-d'Angély constitue sans conteste le point de divergence majeur entre les candidats. Cette vieille histoire, initiée sous le mandat de Jean Combes (1995-2008) puis enterrée par Pierre-Henri Denieul en 2009, a été relancée par Françoise Mesnard dès son élection en 2014.
Le 1er février 2019, l'entreprise Valvital a acheté à la Ville, pour 155 000 euros, l'ancienne caserne Voyer et le forage des Capucins avec l'intention de créer un centre thermal. Le projet global s'élève à 22 millions d'euros et son ouverture est annoncée pour 2030, avec un permis de construire qui doit être déposé cette année.
Françoise Mesnard a fait de ce dossier sa priorité absolue, s'impliquant fortement auprès des financeurs publics et de l'État pour faire avancer le projet. Elle considère que ce troisième mandat, s'il lui est accordé, sera celui de l'aboutissement des thermes.
Jacques Castagnet reproche à la maire sortante d'avoir fait de ce dossier son dossier personnel et propose la création d'une commission extra-municipale réunissant architectes, comptables, avocats et médecins pour évaluer le projet.
Frédéric Rasse, bien qu'espérant voir le projet aboutir, annonce dans son document de campagne qu'il demandera un examen en profondeur de ce projet sans cesse reporté. Le candidat dispose même d'un plan B en cas d'échec de Valvital : l'utilisation de l'eau chaude pour de la géothermie dans les bâtiments publics.
Des retards qui inquiètent
Les deux adversaires de Françoise Mesnard pointent du doigt les retards accumulés dans le dossier des thermes : agréments en attente, questions sur le remboursement de la Sécurité sociale, incertitudes sur les subventions. Ces délais sèment le doute sur la solidité du groupe Valvital et pourraient constituer l'épine dans le pied de l'élue sortante si le projet venait à échouer.
Alors que le premier tour des municipales approche, les Angériens devront trancher entre la continuité proposée par Françoise Mesnard, le retour à une gestion plus traditionnelle défendu par Jacques Castagnet, ou le renouveau politique prôné par Frédéric Rasse. Le projet de thermes, véritable marqueur des trois mandats de la maire sortante, restera au cœur des débats jusqu'au scrutin.



