Primaires : un processus qui mène à la défaite plus qu'à la victoire
Primaires : un processus qui mène à la défaite

Dans une tribune publiée récemment, le juriste Jean-Philippe Derosier s'interroge sur l'efficacité des primaires dans le paysage politique français. Selon lui, ce processus de sélection des candidats conduit davantage à la défaite qu'à la victoire lors des élections générales.

Un constat sans appel

Jean-Philippe Derosier, professeur de droit public à l'Université de Lille, observe que les candidats issus de primaires ont tendance à perdre les élections présidentielles. Il cite plusieurs exemples récents pour étayer son propos. En 2017, François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite, a échoué à accéder au second tour. De même, en 2022, Valérie Pécresse, candidate des Républicains après une primaire, a obtenu un score historiquement bas.

Les mécanismes en jeu

Derosier avance plusieurs explications à ce phénomène. Les primaires radicalisent souvent les positions des candidats, qui cherchent à séduire leur base militante. Cette dynamique les éloigne du centre de l'échiquier politique, où se trouvent généralement les électeurs décisifs. De plus, le processus laisse des traces : les divisions internes et les rancœurs persistent, affaiblissant le candidat désigné.

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Le juriste souligne également que les primaires favorisent les candidats les plus clivants, au détriment de personnalités consensuelles. Cela réduit les chances de rassembler au-delà de son propre camp. En outre, le coût et la médiatisation de ces compétitions internes peuvent épuiser les ressources et l'image du vainqueur.

Des alternatives à explorer

Face à ce constat, Jean-Philippe Derosier invite à repenser le mode de sélection des candidats. Il suggère de revenir à des processus plus classiques, comme les congrès ou les investitures par les instances dirigeantes. Ces méthodes, bien que moins démocratiques en apparence, pourraient produire des candidats plus aptes à gagner une élection générale.

Il conclut en appelant à une réflexion collective sur la manière de concilier démocratie interne et efficacité électorale. Les primaires, si elles restent utilisées, devraient être encadrées pour limiter leurs effets pervers.

Cette analyse, bien que controversée, ouvre un débat nécessaire sur les pratiques politiques en France. Alors que les partis cherchent à se renouveler, la question de la sélection des candidats reste centrale pour l'avenir de la démocratie représentative.

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