Périgueux : la course à la mairie se joue sur les fractures internes
Les finalistes de l’élection municipale à Périgueux, Michel Cadet et Émeric Lavitola, sont confrontés à un défi de taille : fédérer leurs camps respectifs malgré des divisions internes. Un membre d’état-major politique avoue être suspendu à son téléphone depuis 7 heures du matin, un lundi 16 mars particulièrement animé, lendemain du premier tour. La veille, deux candidats se sont nettement détachés, séparés par seulement 40 voix : le maire sortant de gauche Émeric Lavitola avec 36,4 % et le candidat de droite Michel Cadet avec 36 %.
Un avantage arithmétique pour Cadet, mais rien n’est joué
Chacun dispose d’un réservoir de voix pour le second tour, avec un avantage arithmétique pour Michel Cadet. En effet, la liste centre droit d’Antoine Audi a terminé à 16,3 %, portant le total des voix de droite à 52,3 %. À gauche, la liste LFI de Vincent Belloteau a obtenu 8,62 % et celle de Lutte ouvrière de Jonathan Almosnino, 2,68 %, cumulant ainsi 47,7 % pour les candidats de gauche.
Cependant, ces totaux sont conditionnés par les maintiens ou retraits de listes, les fusions, les soutiens, et la mobilisation des électeurs. Rien n’est donc joué, et les finalistes doivent absolument fédérer leurs camps pour l’emporter.
Les négociations et les fractures au centre et à gauche
Dès dimanche, Antoine Audi a annoncé son retrait sans donner de consigne de vote, laissant à Michel Cadet la responsabilité d’aller chercher ses voix. Christian Peyre, de l’UDI, confirme cette liberté laissée aux colistiers, tout en glissant qu’il ne soutiendra pas une liste de gauche. Du côté de Renaissance, aucune position arrêtée n’a été prise, avec une réunion prévue pour discuter des suites.
Thomas Sarlat, du parti Démocrates & Progressistes, souhaite que l’élection se joue au centre et a engagé des discussions avec Émeric Lavitola, évoquant la question de La France insoumise. Vincent Belloteau, candidat LFI, a proposé une fusion technique à Lavitola, mais ce dernier a refusé, optant pour une autre stratégie. Belloteau regrette cette décision, qu’il qualifie de suicidaire, et appelle à ne pas donner de voix à la droite.
Une campagne qui s’annonce tendue
Émeric Lavitola présente Michel Cadet comme un candidat de la droite dure, proche de l’extrême droite, et en appelle au front républicain pour le battre. De son côté, Michel Cadet tente de rassembler les électeurs d’Antoine Audi, tout en doutant que Lavitola l’appelle à voter pour lui.
Thomas Sarlat analyse la situation comme un affrontement de blocs, où la finesse politique risque de passer au second plan. Les meetings sont déjà programmés : Lavitola se produira jeudi 19 mars à 18h30 au centre Joséphine-Baker, tandis que Cadet sera à l’Odyssée à 20 heures le même jour.
En résumé, la bataille pour Périgueux se joue sur la capacité des candidats à surmonter les fractures internes et à mobiliser leurs soutiens, dans un contexte où chaque voix compte.



