Paulette Gougeon conserve la mairie de Lunel après une triangulaire serrée
Ce dimanche 22 mars, les électeurs lunellois ont confirmé leur choix en réélisant Paulette Gougeon à la tête de leur commune. La maire sortante, candidate de Mon parti c'est Lunel, l'emporte avec 39,53% des suffrages lors d'un scrutin marqué par une abstention importante de 46,19%, quasiment identique à celle du premier tour.
Un résultat net malgré l'abstention persistante
Paulette Gougeon obtient 3 947 voix, devançant nettement Anthony Belin (RN) qui recueille 3 394 voix (33,99%) et son ancien premier adjoint Stéphane Dalle avec 2 643 voix (26,47%). La candidate sortante arrive en tête dans 13 des 16 bureaux de vote lunellois et fait jeu égal avec le candidat RN dans un quatorzième bureau.
Sur le parvis de l'Hôtel de ville, après la proclamation des résultats, Paulette Gougeon a dirigé son premier regard vers le ciel, les mains jointes, avant de murmurer : "Je suis sûre qu'il est fier de moi." Une référence émouvante à Pierre Soujol, l'ancien maire décédé fin juin dernier, dont elle a pris la succession en juillet.
Les clés d'une victoire stratégique
Plusieurs facteurs ont contribué à cette réélection :
- Le soutien du PS local qui a permis à la candidate, plutôt marquée à droite, de rassembler plus largement que son ancien collègue Stéphane Dalle
- L'avantage du maire sortant qui lui a permis d'attendre janvier pour entamer une campagne brève et discrète
- Une gestion sans faute politique depuis sa prise de fonction en juillet, évitant les pièges tendus par ses adversaires
Le RN progresse mais échoue encore
Anthony Belin, candidat du Rassemblement National, peut néanmoins se satisfaire d'une progression significative. Avec près de 34% des votants, il double le score de Julia Plane il y a six ans (17,21%) et multiplie par deux le nombre d'élus au conseil municipal (de 3 à 6). Sa progression de près de 13 points par rapport au premier tour est notable, malgré un soutien officiel du RN tardif et un investissement minimal du député Union des droites.
Mais le constat reste sévère pour le parti d'extrême droite : élection municipale après élection municipale, le RN se casse toujours les dents sur l'hôtel de ville pescalune, avec ou sans chef de file estampillé.
Déception pour l'ancien premier adjoint
Stéphane Dalle, candidat de Lunel au cœur, vit une élection en deux temps. Après avoir créé la surprise au premier tour en se qualifiant pour le second avec une dynamique prometteuse, il se retrouve nettement distancé au soir du 22 mars, avec 900 voix de moins qu'Anthony Belin et plus de 1 300 voix de retard sur Paulette Gougeon.
Le Pescalune reconnaît sa déception mais exprime sa fierté pour la campagne menée : "Une pointe de déception bien sûr, mais je suis fier de cette campagne. Je suis satisfait de la qualité de ce que nous avons proposé." Il annonce que son équipe, qui obtient quatre sièges au conseil municipal, sera "bienveillante et constructive" dans l'opposition.
Les réactions des principaux protagonistes
Paulette Gougeon a immédiatement réagi à sa réélection : "Ce soir, les urnes ont parlé. Lunel a tranché, vous avez tranché. Vous avez choisi clairement, une équipe honnête qui va travailler dans la proximité." Elle s'engage à être "un maire présent au quotidien" et promet d'être éloignée de "la démagogie des extrêmes".
Anthony Belin, tout en félicitant la vainqueur, regrette le maintien de Stéphane Dalle : "Je regrette que la défaite ait un nom et un visage, Stéphane Dalle, qui, en se maintenant alors qu'il savait qu'il n'avait pas de dynamique de deuxième tour, a fait la défaite du bloc de droite." Il promet une opposition "offensive et présente sur le terrain" avec ses six élus.
Cette élection municipale à Lunel confirme ainsi la légitimité de Paulette Gougeon après neuf mois de gestion compliquée des affaires municipales, marqués par l'éclatement puis la perte de sa majorité sur fond de campagne électorale précoce. Les Lunellois lui confient désormais les rênes de leur ville pour un mandat complet de six ans, avec peut-être une septième année selon les futures réformes.



