Municipales à Pau : ultime débat tendu entre Bayrou, Marbot et Taillefer avant le second tour
Pau : débat final tendu avant le second tour des municipales

Un ultime débat électoral sous tension à Pau

Les trois quotidiens béarnais du Groupe Sud Ouest ont organisé, ce mercredi 18 mars, un dernier débat réunissant les candidats palois en lice pour le second tour des élections municipales de ce dimanche. Animée par les journalistes de « l'Éclair », « la République des Pyrénées » et « Sud Ouest » au Pavillon des arts, cette confrontation d'une heure a permis aux prétendants à la mairie de lancer leurs ultimes arguments pour mobiliser les électeurs.

Un maire sortant en position délicate

Si François Bayrou et sa liste « Nous aimons Pau » sont arrivés en tête au premier tour avec 33,83 % des suffrages exprimés, le maire sortant sait que la victoire est loin d'être acquise. Le ralliement de Philippe Arraou (6,15 %) ne lui garantit en aucun cas un report intégral de ses voix. Sur la défensive, le septuagénaire qui achève son deuxième mandat est apparu parfois fébrile face à deux adversaires bien décidés à le faire chuter.

Leurs interventions étaient d'ailleurs toutes ciblées vers le maire sortant, qualifié d'« ami de Macron ». À gauche, Jérôme Marbot a fait le choix de ne s'allier ni avec le divers gauche Pascal Boniface (8,74 %), ni avec l'Insoumis Jean-François Blanco (7,04 %) afin d'éviter ce qu'il appelle les « politicailleries » stériles. Le candidat de la liste « Nouvelle ère » compte sur le désir de changement exprimé par les deux tiers des électeurs qui n'ont pas choisi le bulletin de François Bayrou pour rassembler largement.

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La mobilisation des abstentionnistes, enjeu crucial

Quant à Margaux Taillefer, du Rassemblement national, l'ambition est désormais davantage de conquérir un maximum de sièges au conseil municipal avec le meilleur score possible. L'enjeu des trois candidats est ainsi de mobiliser, notamment les abstentionnistes qui n'ont jamais été aussi nombreux à Pau lors d'une élection municipale. Pas moins de 45,04 % des électeurs palois ont en effet boudé les urnes le 15 mars, un chiffre qui dépasse même le scrutin de 2020 marqué par la pandémie de Covid.

« Si les Palois veulent le changement, comme ils l'ont manifesté dimanche dernier, c'est autour de notre liste qu'ils doivent se réunir », résume Jérôme Marbot. Le chef de file de « Nouvelle ère » souligne à plusieurs reprises qu'il sera un maire de proximité pour se distinguer du « trop Parisien » François Bayrou. Un argument également dégainé par Margaux Taillefer.

Stratégies de campagne et passes d'armes

François Bayrou a choisi la stratégie de la dramatisation de l'enjeu. Il invite les électeurs à se remémorer la ville avant 2014, d'observer sa métamorphose sous son impulsion et d'évaluer « le risque » que serait le retour de la gauche place Royale. « Si l'élan que nous avons impulsé était interrompu... ». Le maire ne pourra achever sa phrase, interrompu par Margaux Taillefer qui rétorque : « Il faut cesser avec les discours catastrophistes. Après vous, ce ne sera pas le déluge ».

Le déluge menace en revanche le patron du Modem. François Bayrou, qui avait été relaxé en première instance, sera jugé du 9 septembre au 5 octobre en appel dans l'affaire des assistants parlementaires européens du MoDem. Un rendez-vous judiciaire qui pourrait effrayer les électeurs puisque le maire sortant risque une peine d'inéligibilité. « J'ai été totalement relaxé, lavé des charges d'accusation en première instance. Je le serai à nouveau en appel », assure François Bayrou pour qui ce n'est pas un sujet d'inquiétude.

Gouvernance et premières révélations

Interrogés sur leur gouvernance à venir, les trois candidats ont tous indiqué que le maire de Pau se devait de présider également son agglomération. François Bayrou a, en outre, révélé, y compris pour l'intéressé, que son premier adjoint serait Mohamed Amara, 73 ans, ancien président de l'Université. Jérôme Marbot garde son identité encore confidentielle mais dévoile qu'il s'agirait d'une femme. Quant à Margaux Taillefer, en cas d'accession à l'hôtel de ville, elle présenterait Pierre Dussaut au poste de premier adjoint.

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Pas question, en revanche, pour François Bayrou de répondre à la question s'il siégerait dans l'opposition en cas de défaite ce dimanche. « Je n'ai pas l'intention d'ouvrir l'idée que les Palois pourraient choisir un retour en arrière. Je n'envisage que le succès ». Et d'enchaîner sur les discordes qui ont pu régner dans le groupe d'opposition conduit par Jérôme Marbot durant le mandat.

« Voilà, la conception de la démocratie de François Bayrou », enchaîne aussitôt le candidat de gauche. « C'est moi ou le chaos, c'est la distorsion des faits et le mensonge ». Une complaisance avec la vérité selon Jérôme Marbot qui l'illustre d'un exemple récent. « François Bayrou prétend que nous avons voté contre la construction de la Maison de santé de Solférino. C'est faux. Cette délibération a fait l'unanimité. » En revanche, six mois plus tard, son groupe s'est opposé à une rallonge de 126 000 euros au bénéfice du promoteur privé.

Après une passe d'armes musclée entre François Bayrou et Jérôme Marbot, en remake du débat de la veille sur France 3 et Ici Béarn Bigorre, le seul point d'accord entre les trois débatteurs aura été la fiscalité. Tous promettent la stabilité. Le verdict sera connu dimanche soir.