Le patron de Fortil déstabilisé par la victoire du RN dans sa ville
Olivier Remini, fondateur du groupe d'ingénierie Fortil dont le siège social se trouve à La Seyne-sur-Mer, avoue être « KO » au lendemain du second tour des élections municipales de 2026. La conquête de la deuxième ville du Var par le Rassemblement national le laisse profondément désemparé, lui qui s'implique activement dans les quartiers prioritaires de la commune.
Un engagement de longue date pour le vivre-ensemble
Infatigable défenseur des quartiers populaires, Olivier Remini travaille depuis des années à créer « de la stimulation et de la cohérence entre les quartiers nord et sud de la ville ». Convaincu que ces territoires regorgent de talents, il promeut inlassablement la diversité et l'inclusion au sein de son entreprise comme dans la vie civique seynoise.
« Je ne discute absolument pas cette victoire », précise-t-il, « mais je ne m'explique pas l'ampleur du score de la liste d'extrême droite ni l'homogénéité du vote RN dans la commune ». Le chef d'entreprise varois s'interroge avec amertume : « Qu'est-ce qu'on a manqué ? »
Un constat d'échec dans la communication
Pour Olivier Remini, l'explication réside dans un déficit de dialogue avec la population. « De toute évidence, on a raté quelque chose dans la communication avec les gens, dans la pédagogie et les actions qu'on a menées », analyse-t-il franchement. Cette autocritique n'atténue cependant pas sa déception face à ce qu'il perçoit comme un effacement de « l'image de La Seyne, ville résistante » qui avait su barrer la route à l'extrême droite en 1995.
L'exemple toulonnais comme lueur d'espoir
Pour se remonter le moral, le patron de Fortil regarde vers Toulon, de l'autre côté de la petite rade. « La prise de conscience dans l'entre-deux tours à Toulon a été magnifique. Elle a permis d'inverser la tendance », observe-t-il avec admiration. Mais son attention revient rapidement à sa ville natale, où il craint que « des beaux projets soient désormais condamnés » par le nouveau contexte politique.
Un optimisme mesuré face à l'avenir
Malgré ce bouleversement, Olivier Remini veut garder espoir. « Tout dépendra de la politique qui est menée au quotidien par la nouvelle équipe municipale », confie-t-il, évoquant la jurisprudence italienne où Giorgia Meloni n'appliquerait pas intégralement le programme pour lequel elle a été élue. Seule certitude dans ce paysage politique transformé : « Personnellement, je n'abandonnerai pas les associations dans lesquelles je suis impliqué », assure le chef d'entreprise, déterminé à poursuivre son engagement citoyen quelles que soient les orientations municipales.



