Municipales à Paris : Grégoire accuse Macron d'avoir facilité le retrait de Knafo pour Dati
Paris : Grégoire accuse Macron d'avoir aidé au retrait de Knafo

Accusations graves à trois jours du second tour des municipales parisiennes

Dans la ligne droite avant le second tour des élections municipales à Paris, le candidat de la gauche hors LFI Emmanuel Grégoire a lancé une accusation explosive jeudi. Il affirme que le président de la République Emmanuel Macron est personnellement intervenu pour faciliter le retrait de la candidate d'extrême droite Sarah Knafo, au bénéfice de sa rivale de droite Rachida Dati.

Une "faute morale immense" selon le candidat de gauche

Sur les ondes de franceinfo, l'ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo a déclaré : "Emmanuel Macron est personnellement intervenu à différents niveaux pour faire en sorte d'aider au retrait de Sarah Knafo, auprès d'intermédiaires, auprès de gens qui ont historiquement soutenu Reconquête". Pour Emmanuel Grégoire, cette intervention présumée constitue une "faute morale immense" dans le contexte électoral parisien.

Ces déclarations interviennent au lendemain d'un débat télévisé tendu sur BFMTV et Le Figaro, qui a réuni en moyenne 752 000 téléspectateurs avec un pic à près d'un million. Lors de ce face-à-face, Emmanuel Grégoire s'est retrouvé pris en étau entre l'Insoumise Sophia Chikirou et Rachida Dati, candidate de la droite et du centre.

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Le spectre du soutien de l'extrême droite

Pendant le débat, Emmanuel Grégoire avait déjà mis en garde sa concurrente : "Vous ne pourrez pas être élue dimanche maire de Paris sans le soutien explicite de l'extrême droite parisienne et nationale". Il avait ajouté, en faisant référence à l'histoire politique française : "Imaginez-vous un seul instant Jacques Chirac, élu maire de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen ?".

De son côté, Rachida Dati a réaffirmé jeudi lors d'un déplacement de campagne : "Nous avons toujours eu un cordon sanitaire avec l'extrême droite d'une manière générale", rejetant toute forme d'alliance ou de soutien implicite.

Un scénario électoral particulièrement serré

Emmanuel Grégoire était arrivé en tête du premier tour avec 37,98 % des voix, devançant largement Rachida Dati qui avait obtenu 25,46 %. Cependant, la candidate de droite a depuis scellé une alliance avec Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance, 11,34 %), tandis que Sarah Knafo (10,40 %) s'est retirée de la course en appelant ses électeurs à "chasser la gauche" de l'Hôtel-de-Ville.

Face à ce scénario électoral extrêmement tendu, Emmanuel Grégoire a dramatisé l'enjeu : "Le mode de scrutin est ainsi, avec la prime, c'est celui qui arrivera en tête qui gagnera. Et toute voix qui ne se portera pas sur la gauche rassemblée sera une voix indirecte pour Mme Dati".

Un "pacte du diable" selon Grégoire

Le candidat de gauche a particulièrement insisté sur le retrait de Sarah Knafo, qu'il qualifie de "pacte du diable". Il a souligné : "C'est la première fois historiquement que l'extrême droite dépasse les 10 % à Paris sur le scrutin central. Et comme par hasard, la première fois où ils les dépassent et où ils avaient donc la possibilité de se maintenir, ils se retirent".

Selon certaines sources non vérifiées évoquées par un élu parisien, Emmanuel Macron aurait contacté le milliardaire Vincent Bolloré pour tenter d'obtenir le retrait de Sarah Knafo. Ces affirmations restent cependant sans preuves concrètes.

Démentis catégoriques de toutes parts

Les accusations d'Emmanuel Grégoire ont immédiatement provoqué des démentis vigoureux de la part de tous les concernés. Le président Emmanuel Macron, interrogé à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles, a déclaré : "Ces propos n'ont aucun sens, ils déshonorent un peu la personne qui les dit comme ça, à l'emporte-pièce, ce n'est pas sérieux". Il a également assuré "ne pas connaître Mme Knafo".

Sarah Knafo a réagi avec virulence sur le réseau social X : "M. Grégoire, vous sortez d'un débat où vous vous êtes montré calamiteux. Alors vous paniquez et sombrez dans le complotisme". Elle a précisé que son retrait était motivé par le programme du candidat et lui a souhaité "une excellente défaite".

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Rachida Dati a quant à elle rétorqué : "Quand vous perdez pied, vous dites n'importe quoi", accusant son adversaire d'avoir mené une campagne "outrancière".

L'extrême droite nationale prend position

Alors que Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national, a appelé à "faire barrage" à Emmanuel Grégoire, ce dernier a répliqué sèchement : "L'extrême droite nationale a trouvé sa candidate à Paris". Cette déclaration souligne la polarisation extrême de la campagne parisienne à quelques jours du scrutin décisif.

Dans ce contexte électoral particulièrement tendu, les accusations d'Emmanuel Grégoire ajoutent une nouvelle couche de tension à une bataille municipale déjà très disputée. Les électeurs parisiens devront trancher dimanche dans une atmosphère marquée par ces polémiques et ces accusations réciproques.