Nîmes : une droite fragmentée en péril face à la gauche et au RN
La ville de Nîmes, forte de 150 000 habitants, est le théâtre d’un scrutin municipal particulièrement tendu. La droite, représentée par Les Républicains, partait profondément divisée dans cette élection, risquant ainsi de perdre l’une des dernières grandes villes qu’elle administrait encore. En effet, le maire sortant Jean-Paul Fournier, en poste depuis 2001, a choisi de ne pas se représenter, laissant la place à une bataille interne qui affaiblit considérablement le camp.
Un premier tour révélateur des fractures
Selon une estimation Ifop-Fiducial pour TF1, LCI et Sud Radio, le candidat soutenu par Bruno Retailleau, Franck Proust, premier adjoint au maire, n’a recueilli que 19,5 % des voix au premier tour. Il devance toutefois de peu Julien Plantier, un ex-premier adjoint LR entré en dissidence, crédité de 15 %. Cette division au sein de la droite traditionnelle a ouvert la voie à une montée en puissance des autres forces politiques.
En tête du scrutin, on trouve Vincent Bouget, candidat porté par une alliance PCF/PS/Ecologistes, et Julien Sanchez du Rassemblement national. Les deux listes sont au coude-à-coude avec environ 30,5 % des voix chacune, créant ainsi une situation inédite et hautement compétitive pour le second tour.
Appels à l’union dans le camp de la droite
Face à ce risque de défaite, Julien Plantier a lancé, dimanche soir, un appel pressant au « rassemblement et à l’union avec la liste conduite par Franck Proust ». Dans un communiqué, il a affirmé : « Ensemble, nous gagnerons et éviterons de laisser la ville aux mains de la gauche radicale ou de Julien Sanchez, qui n’a de Nîmois que son slogan. » Le maire sortant, Jean-Paul Fournier, a lui aussi plaidé pour une liste d’union, déclarant : « Du dialogue entre MM. Proust et Plantier doit naître une liste d’union pour le bien de Nîmes. »
La gauche mobilisée et confiante
De son côté, Vincent Bouget, professeur d’histoire-géographie de 46 ans et conseiller municipal PCF d’opposition, s’est montré déterminé devant ses partisans. Il a déclaré : « Ce soir, les résultats donneront une quasi égalité entre notre liste et celle de l’extrême droite. Mais on va garder la tête haute. » Il a appelé à une mobilisation massive pour réitérer le scénario de 1995, lorsque la droite, alors fractionnée, avait été battue par le communiste Alain Clary. Sans le nommer explicitement, il a également visé les électeurs du candidat LFI Pascal Dupretz, éliminé avec seulement 4,5 % des voix.
Les résultats définitifs des élections municipales à Nîmes, qui se sont tenues les 15 et 22 mars 2026, seront disponibles sur 20 Minutes, offrant un éclairage complet sur l’issue de ce scrutin crucial pour l’avenir politique de la ville.



