Nîmes 2026 : Les quartiers centraux expriment leurs attentes avant les municipales
Alors que les scrutins des 15 et 22 mars 2026 approchent à grands pas, les comités de quartiers et les riverains du centre-ville de Nîmes dressent un état des lieux sans concession et confient leurs attentes pour l'avenir. De Montcalm-République à Gambetta en passant par Jean-Jaurès, les préoccupations convergent autour de la propreté, de la sécurité, de la végétalisation et de la revitalisation commerciale.
Montcalm-République : Entre paupérisation et demande d'îlots de fraîcheur
Le quartier Montcalm-République, autrefois populaire et animé, a connu une évolution marquée par la paupérisation selon Véronique Coumel, présidente du comité de quartier. La rue de la République symbolise cette transformation, passant des petits commerces aux kebabs et épiceries de nuit, associés selon les habitants à des trafics créant un sentiment d'insécurité.
"Les ordures dans les rues, ce n'est plus possible !" s'exclame Véronique Coumel, pointant du doigt les sacs-poubelles omniprésents malgré la proximité des arènes et des musées. Le comité réclame une verbalisation accrue, notamment pour les encombrants qui fleurissent aux carrefours principaux.
Face à une voirie fatiguée et une circulation dense, la végétalisation devient une priorité absolue. Les habitants rêvent d'îlots de fraîcheur avec des arbustes, des lianes et de l'eau courante pour rendre le quartier vivable l'été. "Quand on dit qu'on a végétalisé et qu'on regarde la place Montcalm, on rigole", ironise la présidente.
Jean-Jaurès : Un quartier privilégié mais perfectible
De l'avis général, Jean-Jaurès bénéficie d'une situation privilégiée avec son avenue rénovée par Jean-Michel Wilmotte en 2013, les Jardins de la Fontaine à proximité et une offre commerciale dynamique. "Ici, nous avons une vraie qualité de vie, à deux pas de l'hypercentre", confie Jacques, un enfant du quartier.
Pourtant, Geneviève Nicol Dolhadille, présidente du comité, énumère quelques points noirs : l'état de certaines rues secondaires, la circulation anarchique des trottinettes, le bruit des plaques en fonte et les incivilités canines. Le comité souhaite valoriser les sites historiques comme la tour romaine située dans un immeuble privé, qui mériterait un éclairage et une plaque explicative.
Gambetta : Végétalisation et lutte contre la vétusté
Vivant et cosmopolite, le quartier Gambetta voit ses ruelles escarpées se couvrir progressivement de verdure, notamment grâce aux initiatives citoyennes des rues Gautier et Robert. Le comité insiste : "La végétalisation doit être développée. Dans le quartier, il y a plusieurs friches ; en ce moment des immeubles vétustes sont abattus."
Autre priorité majeure : "la vétusté et l'inaccessibilité de certaines rues en patchwork" qui nécessitent un travail permanent avec les services municipaux. Le comité attend toujours un local pour ses permanences, condition essentielle selon lui pour fidéliser les habitants et développer des projets.
Les attentes concrètes des riverains
Pour Momo, épicier à Gambetta : "Initier l'ouverture de nouveaux commerces. Notre quotidien a besoin de vie. Il n'y a plus de commerces, le quartier côté rue Rangueil meurt." Il déplore la fermeture successive de la pharmacie, du tabac-presse, de la boulangerie et l'absence de médecin.
Pour Éric Bons, habitant de Gambetta : "La réfection de la voirie. Il faut vraiment faire la réfection de certaines rues et pas juste reboucher les trous avec du goudron." Il souligne également l'importance d'un local pour le comité de quartier.
Pour Anne, habitante de Jean-Jaurès : "Verbaliser les trottinettes. Elles circulent à toute allure sur les trottoirs, mettant les piétons en danger. Il faudrait des amendes dissuasives."
Pour Samuel Ducros, Montcalm-République : "Tolérance zéro pour la propreté. Je ne comprends pas pourquoi on ne verbaliserait pas le crétin qui sort sa poubelle n'importe quand via les caméras de vidéosurveillance."
Pour Isabelle, Montcalm-République : "Épiceries de nuit : il faut les contrôler. Elles génèrent du bruit jusque tard dans la nuit, des trafics. Cela crée de l'insécurité." Elle suggère des contrôles fiscaux stricts et des fermetures définitives en cas d'activités illicites.
Ces témoignages croisés dessinent le portrait de quartiers centraux aux réalités contrastées mais unis par des attentes communes : plus d'écoute, plus d'action et une véritable prise en compte de leur quotidien par la future municipalité.



