La bataille politique s'intensifie à Nice à l'approche des municipales
La guerre politique se poursuit avec une intensité croissante à Nice entre Christian Estrosi et Éric Ciotti, à quelques jours seulement du premier tour des élections municipales. Mercredi, des membres de la liste du maire sortant Horizons, soutenue par Les Républicains, ont dévoilé un site Internet au nom particulièrement évocateur : « Le Bilan noir d'Éric Ciotti ».
Un site accusateur aux couleurs sombres
« Derrière les discours et la communication bien huilée, la réalité est tout autre : un département appauvri, des solidarités sacrifiées et des budgets détournés au profit d'intérêts politiques », assure le camp Estrosi dès la page d'accueil du site Internet, qui arbore des couleurs noir et rouge. Éric Ciotti, candidat UDR soutenu par le RN, a été président du département des Alpes-Maritimes de 2008 à 2022. Il occupe toujours les fonctions de président de la commission des Finances et de conseiller départemental.
Investissements ciblés et casse sociale dénoncés
L'équipe de Christian Estrosi accuse le député UDR d'avoir principalement investi dans la vallée de la Vésubie, son canton d'élection, au détriment manifeste d'autres territoires du département. Le site énumère des projets soutenus par le département, notamment une tyrolienne, des thermes et un hôtel, évoquant un investissement colossal de 100 à 130 millions d'euros engagés depuis 2012 via le Syndicat mixte pour le développement de la vallée de la Vésubie et du Valdeblore.
« Ce qui représente environ 2.000 euros par an et par habitant », dénoncent avec force les équipes d'Estrosi. « Pour rappel, la dépense d'aide sociale du conseil départemental des Alpes-Maritimes est de 570 euros par an et par habitant. » Selon eux, derrière cette supposée « bonne gestion financière » se cache une « casse sociale » qui fragilise gravement plusieurs domaines essentiels :
- La protection de l'enfance
- Le soutien à la jeunesse
- La lutte contre la précarité
- Les aides aux seniors dépendants
- Le soutien aux personnes en situation de handicap
Le site Internet entend également répertorier « les mensonges d'Éric Ciotti » dans un onglet dédié, abordant des sujets comme la taxe foncière, la culture et le soutien aux commerçants.
Réponses immédiates et contre-attaques
L'attaque est frontale à quelques semaines du scrutin et n'est pas restée sans réponses. Dans une série de messages postés sur X, le candidat Éric Ciotti a lui aussi dressé son « livre noir » des mandats de Christian Estrosi, citant des chiffres de l'Institut Montaigne. Il fustige avec virulence la « dégradation financière » de Nice et de sa métropole, pointant du doigt l'explosion de la dette, l'augmentation de la pression fiscale et le manque criant d'investissement.
La députée UDR Christelle D'Intorni, porte-parole de la campagne, a de son côté dénoncé sur son compte X un « énième exercice de contre-feu d'un candidat acculé qui perd pied ». Selon le sondage Cluster 17 pour Politico publié la semaine dernière, Éric Ciotti est en tête des intentions de vote du premier tour avec 41 % contre 31 % pour le maire sortant Horizons.
Un contexte électoral particulièrement tendu
Cette escalade verbale et numérique intervient dans un contexte électoral déjà très tendu, où chaque camp cherche à marquer des points décisifs avant le premier tour. Les accusations fusent des deux côtés, créant une atmosphère de confrontation permanente qui caractérise cette campagne municipale niçoise. Les électeurs devront trancher ce duel politique intense lors des élections municipales des 15 et 22 mars 2026.



