Municipales à Nice : un sondage controversé place Ciotti largement en tête
La bataille pour la mairie de Nice, cinquième ville de France, s'intensifie entre deux anciens alliés devenus frères ennemis. Un sondage de l'institut Cluster 17 pour Politico, publié mardi, donne Éric Ciotti, qui a quitté Les Républicains pour s'allier au Rassemblement national, largement en tête avec 41 % des intentions de vote au premier tour des municipales. Il devance de dix points le maire sortant Christian Estrosi (Horizons), soutenu par LR, qui n'obtient que 31 %.
Une rupture politique consommée en 2017
Cette élection oppose deux figures historiques de la droite niçoise, autrefois unies et qui ont longtemps régné main dans la main sur la ville et le département des Alpes-Maritimes. Leur rupture définitive a été actée en 2017, après le rapprochement de Christian Estrosi avec le président Emmanuel Macron et La République En Marche, tandis qu'Éric Ciotti a opéré un virage vers l'extrême droite.
Dans cette campagne marquée par les accusations de coups bas, l'équipe de campagne de Christian Estrosi a immédiatement réagi en qualifiant ce sondage de « manipulation ». Elle a annoncé saisir la Commission nationale des sondages pour qu'elle vérifie « la conformité méthodologique de cette enquête et le caractère non tendancieux des questions posées ».
Les accusations de l'équipe Estrosi
« Nous disposons de témoignages de personnes sondées qui ne sont pas électeurs à Nice », a affirmé l'entourage du maire sortant. Et d'ajouter : « Ni les attaques personnelles, ni les sondages contestables n'altéreront notre détermination à ce que Nice ne tombe pas entre les mains du RN et des appareils politiques parisiens. » Ces déclarations illustrent la tension extrême qui règne dans cette campagne.
Le reste du podium et les enjeux du second tour
Le sondage place en troisième position l'écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, soutenue par les socialistes et les communistes, avec 12 % des intentions de vote. Elle devance de justesse Mireille Damiano (10 %), qui mène la liste « Nice Front Populaire », une union de La France Insoumise, du NPA, du Parti de gauche et de Viva !.
Le candidat de Reconquête, Cédric Vella, se classe au cinquième rang avec seulement 4 % des voix. Rappelons que pour les municipales, les candidats doivent atteindre au moins 10 % des suffrages pour se maintenir au second tour, et 5 % pour pouvoir fusionner leur liste avec une autre.
Méthodologie et marge d'erreur
Comme toute enquête d'opinion, ce sondage n'est qu'une photographie du moment sans valeur prédictive certaine. Il a été réalisé du 11 au 15 février auprès d'un échantillon de 937 personnes représentatives de la population niçoise âgée de 18 ans et plus, dont 763 étaient inscrites sur les listes électorales de la ville, selon la méthode des quotas.
La marge d'erreur annoncée est comprise entre 1,4 et 3,5 points pour les résultats du premier tour. Cette incertitude statistique laisse toutefois intacte l'écart significatif de dix points séparant les deux principaux rivaux, un fossé qui, s'il se confirmait, marquerait un profond bouleversement politique dans la capitale azuréenne.



