Municipales 2026 à Nîmes : une fusion Proust-Plantier perturbée par des erreurs administratives suspectes
La fusion des listes de Franck Proust et Julien Plantier pour le second tour des élections municipales nîmoises de 2026 n'a pas fait l'unanimité au sein de la droite locale. Mais personne ne s'attendait à ce que cette union soit menacée par une série d'erreurs administratives aussi troublantes. Le Canard enchaîné et Midi Libre révèlent que quatre anomalies successives ont été découvertes dans les documents électoraux, soulevant des interrogations sur d'éventuels actes de sabotage.
Un contexte électoral déjà tendu
Les élections municipales à Nîmes ont été particulièrement agitées au sein de la droite. Après avoir été largement devancés par le Rassemblement National et la gauche lors du premier tour du 15 mars, les candidats Franck Proust et Julien Plantier ont décidé dans la nuit du dimanche au lundi de fusionner leurs listes pour créer "Nîmes par-dessus tout", menée par Franck Proust. Cette décision, prise dans l'urgence, n'a pas convaincu tous les membres des deux camps, mais le choix était fait.
La course contre la montre était alors lancée. Après avoir déterminé la répartition des places sur la liste commune, l'équipe de campagne a dû refaire tous les documents administratifs avant l'échéance imposée par la préfecture : le mardi 17 mars à 18 heures. C'est dans ce contexte de précipitation que les premières anomalies sont apparues.
Quatre erreurs successives découvertes à la dernière minute
La première erreur a été constatée dès 7 heures du matin le mardi. "Il s'agissait d'une erreur sur le prénom d'un candidat", explique Julien Devèze, codirecteur de campagne de la liste avec Laurent Burgoa. Le 53e candidat, Julien Garcia, se voyait attribuer le prénom Sophie, comme une ancienne candidate de la liste de Franck Proust au premier tour.
La deuxième anomalie a été détectée vers 13 heures grâce à la vigilance des services préfectoraux. Sur les bulletins imprimés figurait le nom de la mandataire financière de la liste, écrit en petits caractères à la verticale sur le côté. Cette présence aurait pu être interprétée comme celle d'un candidat supplémentaire, invalidant ainsi le document électoral.
Face à cette situation, l'équipe de campagne s'est tournée vers l'agence de communication Terra Luna, responsable de la production des documents. "On leur a demandé de récupérer les fichiers source pour pouvoir travailler en indépendant dessus", précise Julien Devèze. C'est alors qu'une troisième erreur a été découverte : les mentions légales avaient totalement disparu de la dernière version du bulletin de vote.
Julien Devèze confirme également une information du Réveil du Midi concernant une quatrième anomalie. Le Cerfa de Valentine Wolber, colistière, n'avait initialement pas été correctement rempli, car il manquait la mention du nom de Franck Proust dans la partie où le candidat doit indiquer la tête de liste.
Des interrogations sur d'éventuels actes de sabotage
Bien que toutes ces erreurs aient été corrigées à temps, les codirecteurs de campagne Laurent Burgoa et Julien Devèze s'interrogent sur cette accumulation inhabituelle d'anomalies. "Le risque, explique Julien Devèze, c'était de ne pas avoir nos bulletins de vote dans les bureaux le jour J. Ce qui est sûr, c'est qu'on aurait fait encore moins que ce qu'on a fait le 22 mars…".
Cette série de "boulettes" à répétition a naturellement suscité des suspicions. Certains regards se sont tournés vers Olivier Jalaguier, directeur de Terra Luna, qui milite personnellement pour l'union des droites chère à Éric Ciotti. D'autres ont questionné le rôle de Valentine Wolber, jusqu'alors bras droit de Franck Proust, qui n'avait pas caché son désaccord avec la fusion Proust-Plantier.
Pourtant, les deux personnes mises en cause réfutent toute intention malveillante. "Cela fait plus de 35 ans que Terra Luna existe, on a pignon sur rue !", défend Olivier Jalaguier. "On n'a jamais eu de problème avec personne. Mais cette campagne-là a été particulièrement compliquée. On a eu affaire à 4 directeurs de campagne en l'espace de six mois. Tout le monde était épuisé, tout ça s'est fait dans la grande confusion."
Valentine Wolber renchérit : "Laurent Burgoa et Julien Devèze ont été désignés directeurs de campagne pour l'entre-deux tours, ce sont eux qui avaient en charge le dépôt des bulletins en préfecture."
Franck Proust, qui a finalement obtenu 21,5% des voix au second tour, préfère tourner la page : "Pour nous, c'est un non-sujet. C'est déjà suffisamment difficile, n'allons pas chercher un bouc émissaire ! Arrêtons la polémique, ça ne sert à rien."
Malgré cette volonté d'apaisement, ces événements révèlent les tensions persistantes au sein de la droite nîmoise et soulèvent des questions sur les mécanismes de contrôle dans les campagnes électorales accélérées.



