Les municipales révèlent une France profondément divisée
La France apparaît globalement ancrée à droite, voire à l'extrême droite, mais elle se révèle plus que jamais scindée entre deux univers d'importance équivalente. D'un côté, le monde « moderne » des métropoles et des quartiers populaires, où l'électorat est qualifié de « racisé » lorsqu'il n'est pas bobo ou proche de la France insoumise. De l'autre, le monde « traditionnel » de la périphérie avec ses villes petites et moyennes. Telle est la première leçon majeure qui se dégage des récentes élections municipales.
Le Front républicain fonctionne à l'envers contre la gauche
Sans doute peut-on s'alarmer du fait que La France insoumise ait pu remporter autant de mairies avec son discours complotiste parfois haineux et ses dérapages antisémites. Après Saint-Denis, le mouvement a conquis Roubaix, Vénissieux, Creil, La Courneuve, entre autres. Mais la deuxième leçon importante de ces municipales est que LFI a dû affronter un Front républicain inversé. Même si le cordon sanitaire continue de fonctionner contre le Rassemblement national, qui a ainsi perdu Toulon où il était donné favori, il a surtout joué contre la gauche dès lors que les partisans de Mélenchon et les socialistes avaient bricolé des alliances jugées amorales et contre-nature.
Les mathématiques électorales parfois surprenantes
D'où les nombreuses surprises du second tour, constituant la troisième leçon : en politique, 1+1 ne fait pas nécessairement deux, mais parfois zéro, un, trois ou quatre. C'est ainsi que Jean-Luc Moudenc (divers droite) a aisément conservé la mairie de Toulouse, alors qu'il avait l'arithmétique électorale contre lui. Les coalitions des socialistes avec LFI n'ont pas empêché la « gauche unie » de mordre la poussière, souvent contre toute attente, à Avignon, Brest, Limoges, Clermont-Ferrand, etc. « Mélenchon est le boulet de la gauche », a commenté Olivier Faure, oubliant qu'il avait été l'artisan de ces arrangements. « Le PS nous a entraînés dans sa chute », lui a répondu Mélenchon.
Un électorat français qui cherche la stabilité
Ces élections ne peuvent finalement que nous rassurer sur la psyché des Français, malgré l'extrémisation du spectre politique. Ils souhaitent du changement, mais n'ont absolument pas envie d'aventures. Parmi les points d'inquiétude, la chute de Roubaix, ville de près de 100 000 habitants, qui, sous l'emprise de son nouveau maire LFI, David Guiraud, pourrait devenir un laboratoire de l'islamisation, à l'image de la tristement célèbre Molenbeek en Belgique. Une perspective qui remet d'actualité l'aveu de François Hollande en 2016 : « C'est quand même ce qui est en train de se produire : la partition. » Toujours en quête d'électeurs, l'extrême gauche française est convaincue que l'immigration musulmane la pérennise, comme la mairie de Paris entend, pour les mêmes raisons, continuer à agrandir son parc de logements sociaux qu'elle souhaite peupler d'électeurs.
La réécriture de l'Histoire et les racines culturelles
Dans cette perspective, les progrès de l'ignorance permettent la réécriture de l'Histoire. Après le chanteur Gims qui avait décrété, il y a peu, que les Égyptiens utilisaient déjà l'électricité au temps des pyramides – lesquelles auraient été des antennes –, Jean-Luc Mélenchon a célébré, le 4 mars à Bondy, la participation décisive des musulmans à la construction des cathédrales grâce à leurs connaissances en mathématiques, physique, architecture, etc. L'un de nos grands historiens, Jacques Le Goff, qui n'était pas de droite, avait eu un jour cette boutade : « Je ne vois guère que l'abricot comme fruit possible rapporté des croisades ! »
C'est à l'Orient que nous devons l'abricot, mais aussi la boussole ou la carte marine arrivées chez nous dans le sillage des croisades. N'en déplaise aux conteurs de sornettes, en revanche, l'hôpital a été inventé par l'Église byzantine dès les IVe et Ve siècles, donc bien avant l'apparition de l'islam. Les cathédrales non plus ne furent pas l'œuvre d'Allah, même s'il y a toujours eu des influences entre le monde musulman et le nôtre, mais dans les deux sens. Gageons que la prochaine étape sera la célébration des racines islamiques de l'Europe qui remplaceront ce qu'on appelait ses « racines judéo-chrétiennes ».
L'islamisation des grandes villes, un défi pour la France
Révélée par ces municipales, l'islamisation d'une partie de nos grandes villes n'est pas une bonne nouvelle pour notre pays. Si vous en doutez, lisez sans attendre l'excellent livre de Ferghane Azihari, L'Islam contre la modernité. Chevauchant dans l'Histoire armé d'une belle culture, ce nouveau Voltaire montre, exemples à l'appui, que la religion, surtout monothéiste, devient un obstacle au progrès dès lors qu'elle est toute-puissante. C'est la tragédie que vivent aujourd'hui de nombreux pays musulmans. C'est celle qui nous pendrait au nez, n'étaient les résultats des municipales : malgré quelques déceptions, ils montrent qu'il ne faut jamais désespérer de la France.



