Élections municipales en Lot-et-Garonne : alliances, retournements et petites histoires
Municipales en Lot-et-Garonne : alliances et retournements

Les alliances improbables des municipales en Lot-et-Garonne

Les élections municipales dans le Lot-et-Garonne ont charrié leur lot d'échos politiques et d'anecdotes révélatrices des réalités locales. Après les tempêtes et les crues, le scrutin a mis en lumière des alliances surprenantes et des retournements de situation qui illustrent la complexité de la vie politique territoriale.

Des colistiers qui se rapprochent... parfois trop

La politique a le pouvoir de rapprocher les gens, comme en témoignent de nombreux colistiers ayant vécu cette campagne municipale. À Laroque-Timbaut, cet adage prend tout son sens. Julien Rocamora et Dorian Lajunie, qui avaient initialement posé sur la photo autour de Geoffroy Gary comme potentiels colistiers de la tête de liste RN-UDR-RPR de Villeneuve-sur-Lot, se sont finalement présentés derrière Joël Masson.

Pour le secrétaire de la fédération du RN 47, domicilié à Dolmayrac, et l'attaché parlementaire d'une députée RN du Vaucluse, il restait à trouver une adresse dans la capitale du Roquentin. Un studio de 17 m² loué près de la halle a fait l'affaire. Un petit appartement pour deux personnes, mais une boîte aux lettres de taille conséquente !

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Les changements d'étiquette politique

Les retournements de veste n'ont pas manqué durant cette campagne. À Marmande, Daniel Benquet a multiplié les soutiens en moins d'un an : d'abord Martine Calzavara (LR), puis une alliance avec le Rassemblement national, ensuite son ami le candidat sans parti Jean-Luc Dubourg, et finalement Valérie Pérali (divers droite) à la veille du second tour.

Florian Azéma, le nouveau maire RN de Castres, connaît bien le Lot-et-Garonne pour y avoir travaillé durant trois ans jusqu'en 2023 au sein du centre de gestion de la fonction territoriale à Agen. Aujourd'hui à la tête d'une commune de plus de 40 000 habitants, c'est lui qui pourrait donner des conseils aux Lot-et-Garonnais.

Les réactions et les petites histoires

L'élection de Laurent Bruneau à la mairie d'Agen a suscité des réactions au-delà du périmètre agenais. Les anciens journalistes Jérôme Godefroy (RTL) et Michel Denisot (Téléfoot, Mon zénith à moi), également ancien président du PSG, ont plaisanté sur les réseaux sociaux : « Le nouveau maire de gauche d'Agen s'appelle Laurent Bruneau. Bruneau d'Agen. »

Paul Dionis, bien présent sur la liste de Thomas Cazenave, le nouveau maire de Bordeaux, n'était pas en position éligible. Bilan d'un sombre week-end : le père est sorti de la vie politique et le fils est resté sur le pas de la porte. Jean Dionis, battu à Agen, pourrait cependant siéger à Bordeaux en tant que conseiller régional jusqu'en 2028.

Les institutions locales en mouvement

La présidence de l'Association des maires est vacante depuis le retrait de la vie politique de Jean Dionis. Deux candidatures se profilent : Guillaume Lepers, l'homme fort de Villeneuve-sur-Lot, et Nicolas Lacombe, le maire de Nérac. Ce dernier fait partie du réseau du sénateur Michel Masset, dont on mesure l'engagement dans la constitution d'une clientèle politique.

À Boé, le nouveau maire Jean-Michel Lafuente n'aura pas pour premier opposant l'ancienne maire Pascale Luguet, qui a décidé de démissionner. C'est Thierry Aviano, chef d'entreprise et ancien président de l'association du SUA Rugby, qui va relever le défi. Les deux hommes se connaissent bien pour avoir été élus sur la même liste en 2020.

Les réalités mathématiques du scrutin

« Plus d'un Agenais sur quatre nous a fait confiance », s'enorgueillit Sébastien Delbosq, tête de liste RN d'Agen en Action, qui rentre au Conseil municipal avec cinq élus. L'affirmation n'est toutefois pas exacte mathématiquement. Avec un peu plus de 26% des suffrages exprimés, mais une participation à 56%, la réalité est plus nuancée.

Si on se rapporte au nombre d'inscrits (18 725), ce sont à peine 15% des Agenais en âge de voter qui ont apporté leurs suffrages à la liste d'extrême droite, moins de 20% au maire sortant Jean Dionis, et un peu plus de 21% (soit un Agenais sur cinq) qui a voté pour Laurent Bruneau.

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Les difficultés de passation

À Colayrac-Saint-Cirq, Patrick Mazzer, le nouveau maire qui a battu le sortant Pascal de Sermet, connaît une passation difficile. La secrétaire de mairie est partie en arrêt maladie, emportant avec elle l'ordinateur professionnel contenant toutes les données nécessaires à l'administration de la commune.

À Aiguillon, les trois adjoints de Christian Girardi qui ont rejoint la liste de Nicole Moschion vont se retrouver sur les bancs de l'opposition. Le candidat LR réélu de justesse n'est pas près de digérer cette défection, et leur mandat pourrait s'apparenter à un chemin de croix.

Les tensions persistantes

Corinne Griffond, qui s'est désistée avant le second tour après avoir qualifié Gilles Frémy de « candidat sans programme à la tête d'une liste d'extrême droite », n'a probablement pas sablé le champagne pour son élection au Passage-d'Agen. La présidente départementale de Renaissance pourrait trouver le temps long et pénible ces sept prochaines années.

À Clairac, l'ancien maire Michel Pérat a peu goûté la défaite de son dauphin au premier tour. Après avoir refusé de proclamer oralement les résultats en faveur de la liste Clairac bouge d'Émilie Bayle, il a convoqué les nouveaux élus pour l'installation du Conseil municipal le samedi 21 mars à 8 heures du matin, un réveil imposé qui pourrait être interprété comme une manière de les enquiquiner.