Le Rassemblement national maintient le suspense à Périgueux pour les municipales
Alors que le dépôt des listes pour les élections municipales bat son plein en Dordogne, le Rassemblement national cultive un flou artistique autour de sa candidature à Périgueux. La déléguée départementale du parti, Florence Joubert, s'est refusée à lever le voile sur cette question stratégique lors d'un meeting à Saint-Estèphe, samedi 21 février, laissant planer le doute sur les ambitions périgourdines du RN.
Un silence éloquent au micro
Devant une centaine de militants réunis dans une salle aux couleurs bleu blanc rouge, Florence Joubert, députée du Périgord vert, a prononcé son discours de début d'année sans évoquer la tête de liste pour Périgueux. Pressée de questions, elle s'est contentée de réponses évasives : « C'est plus compliqué que prévu », « d'abord, il faut avoir la bonne personne », ou encore « vous saurez très vite », promettant des annonces pour mardi 24 ou mercredi 25 février au plus tard.
Ce flou persiste alors que Nadine Lechon, députée de la vallée de l'Isle, a été aperçue en train de déposer des tracts dans les boîtes aux lettres de la ville, alimentant les spéculations sur son rôle potentiel. Contactée, elle n'a ni confirmé ni démenti sa candidature.
Des difficultés de recrutement et l'ombre de Lyon
Florence Joubert justifie ce retard par des obstacles pratiques et un contexte tendu. « Cela ne sert à rien de dévoiler une tête de liste sans avoir la certitude de boucler cette liste. Ce n'est pas simple d'avoir des femmes pour respecter la parité », explique-t-elle. Elle pointe également l'impact de l'affaire de Lyon, où le jeune militant d'ultradroite Quentin Deranque a trouvé la mort : « Nous avons maintenant des gens qui ont peur après ce qu'il s'est passé à Lyon et qui renoncent ».
Lors de son discours, elle a d'ailleurs observé une minute de silence en mémoire de Quentin Deranque, qualifiant son décès de « drame absolu » et accusant l'extrême gauche, visant particulièrement La France insoumise. Interrogée sur les violences liées à l'ultradroite, elle a assuré : « Nous condamnons les violences de tous les extrêmes ».
Des avancées ailleurs en Dordogne
Contrairement à Périgueux, la situation semble plus claire dans d'autres villes du département. À Bergerac, Christian Gérard, attaché parlementaire du député Serge Muller, a déjà déposé sa liste. À Sarlat, Guillaume Forquet de Dorne a annoncé qu'il ferait de même dès le lundi 23 février, selon des déclarations à Ici Périgord.
Pour Montpon-Ménestérol et Marsac-sur-l'Isle, Daniel Géry et Williams Ambroise conduisent chacun une liste, mais « ils partent sans investiture et donc sans étiquette », précise Florence Joubert, indiquant qu'il s'agit de militants RN à titre personnel.
La date limite pour le dépôt des listes est fixée au jeudi 26 février, laissant peu de temps au RN pour clarifier sa position à Périgueux et concrétiser ses ambitions municipales en Dordogne.



