Une page se tourne à Saint-Hilaire-de-Brethmas
Le maire sortant Jean-Michel Perret a été battu lors du second tour des élections municipales à Saint-Hilaire-de-Brethmas. Élu depuis 2001 et maire depuis 2014, il cède son écharpe à Gaël Mancuso, qui a bénéficié du soutien du député RN Pierre Meurin. Le scrutin a marqué un tournant politique dans cette commune de 4 500 habitants.
Une défaite serrée et un regard amer
Jean-Michel Perret, âgé de 60 ans, a manqué de seulement 180 voix pour l'emporter dans une triangulaire qui incluait également la candidate Sylvie Galtier. L'ancien consultant, qui avait arrêté son activité professionnelle en 2014 pour se consacrer à sa fonction de maire, qualifie cette dernière "de dingue". Il porte un regard amer sur sa défaite, déclarant : "Saint-Hilaire a longtemps été à droite, cette fois c'est l'extrême-droite".
Le sortant critique les promesses de son successeur, notamment le recrutement de policiers armés, qu'il estime non budgétisées. "Ah oui on peut le faire si on ferme l'accueil de loisirs et la garderie. Tout est question de choix", souligne-t-il, rappelant les contraintes d'une petite commune.
Le parcours politique de Gaël Mancuso
Gaël Mancuso, adjoint au responsable de la vie scolaire du lycée La Salle d'Alès, s'était déjà présenté en 2020 sur la liste de Simone Teissier. Ancien adhérent LR, il est désormais proche du RPR, un microparti créé par le RN. Sa liste a été classée divers droite par la Préfecture.
Le nouveau maire a terminé son emploi dans l'enseignement privé pour se consacrer à son rôle. Il annonce comme priorités la rénovation des infrastructures existantes, comme le gymnase dont le toit prend l'eau, et l'étude de l'installation de panneaux solaires avec récupération d'eau de pluie. Ancien dirigeant du club de foot, il déplore que la commune n'ait pas saisi l'occasion des JO de Paris pour installer un deuxième stade en synthétique, mais promet de chercher des subventions.
L'héritage de Jean-Michel Perret
Jean-Michel Perret, qui se qualifie de "maire à part", était connu pour son opposition au projet de golf porté par Alès Agglomération, un combat qui avait marqué son élection en 2014. Après des relations houleuses avec Max Roustan et Christophe Rivenq, le projet a été abandonné suite à un référendum. "Je les ai amenés de force à la table des négociations", sourit-il aujourd'hui, évoquant une collaboration désormais confiante avec Christophe Rivenq.
Son principal dossier était un éco-quartier ambitieux en partenariat avec l'école des mines et le CFA des métiers du Bâtiment. Ce projet de 33 logements (13 M€) visait à créer une filière de matériaux géo et biosourcés, avec des maisons construites en paille de riz, sagne de Camargue et pin maritime des Cévennes. Gaël Mancuso a déjà annoncé son abandon, estimant que "notre commune n'a pas vocation à être un laboratoire écolo !".
Un engagement continu pour la ruralité
Jean-Michel Perret était également un promoteur du concept de "ville du quart d'heure" développé par l'urbaniste Carlos Moreno, qu'il défendait dans des conférences pour adapter les déplacements à la ruralité. "Celui que ses amis de droite trouvent de gauche et inversement" poursuivra ce combat, même s'il retourne dans l'opposition, qu'il connaît bien pour y avoir siégé de 2001 à 2014.
Son ami et colistier, l'ex-ministre Aurélien Rousseau, voit également son mandat de conseiller municipal gardois s'arrêter. Gaël Mancuso, quant à lui, assure qu'il sera "le maire de tous" et veut travailler "en intelligence" avec le Département et l'Agglo.



