Municipales à Bergerac : le maire sortant Jonathan Prioleaud s'oppose aux associations de gauche
À l'approche du scrutin municipal, la campagne électorale à Bergerac se tend considérablement. Des polémiques se multiplient entre le maire sortant, Jonathan Prioleaud, et diverses associations proches de la gauche bergeracoise. Chaque sujet devient prétexte à confrontation, révélant une atmosphère particulièrement crispée à dix jours du vote.
Le Comité de défense du service public de santé au cœur des tensions
En début de semaine, c'est la démarche du Comité de défense du service public de santé et du médico-social qui a suscité l'ire du maire sortant. Cette association, plutôt orientée à gauche et cofondée par l'ancien maire Daniel Garrigue, avait demandé aux candidats de remplir un questionnaire par mail. Daniel Garrigue ayant lâché Jonathan Prioleaud pour soutenir le candidat de la gauche Fabien Ruet, la situation était déjà sensible.
Jonathan Prioleaud a demandé à rencontrer l'association, qui a refusé par souci d'équité entre les candidats. Le comité a ensuite publié ses propres conclusions sur le positionnement du maire divers droite, ce qui a déclenché une vive réaction.
Menaces de plainte pour diffamation
Dans un tract à paraître, le maire sortant accuse le comité de mentir sur divers points. Il a menacé de déposer plainte pour diffamation si les membres de l'association distribuaient ce tract sans y apporter de modifications. Jonathan Prioleaud assure également que l'association aurait dû faire une demande en mairie pour distribuer des tracts sur le marché, ce que le comité conteste fermement.
Le paradoxe de cette affaire réside dans le fait que les deux parties sont à peu près d'accord sur l'essentiel : la nécessité d'encadrer l'installation de nouveaux médecins pour lutter contre les déserts médicaux. Mais pour Jonathan Prioleaud, aucun doute, il s'agit d'une manœuvre de la gauche pour favoriser son opposant, Fabien Ruet. Le comité, de son côté, accuse le maire de vouloir « museler » sa libre expression.
Une lettre ouverte à la présidente du comité de jumelage
Dans un autre épisode révélateur des tensions, le maire de Bergerac s'en est pris à Hélène Cormier, présidente du comité de jumelage Bergerac-Kenitra et membre de la liste de Fabien Ruet. Dans une lettre ouverte, Jonathan Prioleaud s'étonne que les membres de l'association aient reçu par mail une invitation à la prochaine réunion de l'équipe de campagne de la liste de gauche.
Il accuse : « Vos adhérents doivent avoir donné leur consentement avant de recevoir ce type de mails, qui, rappelons-le, n'a aucun lien avec l'objet de l'association Bergerac-Kenitra. Ne respectant pas le règlement général sur la protection des données, vous êtes donc dans l'illégalité la plus totale et ce type d'agissements est inadmissible de la part d'une présidente d'association. »
Ce n'est pas la première fois que Jonathan Prioleaud s'oppose à Hélène Cormier. En décembre dernier, il l'avait déjà accusée d'avoir refusé la parole à un élu de la majorité à l'occasion d'une soirée couscous organisée par l'association.
Une campagne municipale de plus en plus tendue
Ces différentes polémiques illustrent l'atmosphère électrique qui règne à Bergerac à l'approche des municipales. Les associations, traditionnellement des acteurs de la vie civile, se retrouvent au cœur des batailles politiques entre le maire sortant divers droite et la gauche locale.
Les accusations de manœuvres politiques, les menaces de poursuites judiciaires et les échanges de lettres ouvertes créent un climat de défiance qui risque de marquer durablement la vie démocratique de la ville. Avec seulement dix jours avant le scrutin, ces tensions pourraient influencer le vote des Bergeracois, fatigués par ces querelles ou au contraire mobilisés par ces affrontements.



