Municipales 2026 : la vérité sur les pistes cyclables parisiennes face aux fake news
Municipales 2026 : vérité sur les pistes cyclables parisiennes

Municipales 2026 : le vélo parisien au cœur des débats et des désinformations

Les 15 et 22 mars prochains, les citoyens français sont appelés aux urnes pour élire leurs maires, un scrutin capital qui anime déjà les territoires. La campagne officielle débutant le 2 mars, les polémiques fusent, notamment autour des politiques urbaines. Dans ce contexte, la rédaction de « 20 Minutes » intensifie sa lutte contre les fake news, avec un focus particulier sur les municipales, pour éclairer les électeurs avant leur passage dans l'isoloir.

Une vidéo virale qui alimente la controverse

Sur la rue de Rivoli, à Paris, une séquence filmée le 17 janvier dernier et postée sur X montre des pistes cyclables apparamment désertes, contrastant avec un embouteillage dense de voitures. L'auteur, un riverain, critique vertement cette situation : « Quasiment aucun vélo, alors que l'équivalent de trois voies de circulation leur est dédié, et bus à l'arrêt sur une seule file avec les taxis. Vivement que cette folie cesse. » Ce type de reproche revient régulièrement depuis les deux mandats d'Anne Hidalgo à la Mairie de Paris, connue pour son soutien aux mobilités douces.

En douze ans, l'élue socialiste a significativement réduit l'espace dévolu aux automobilistes pour développer un maillage serré de pistes cyclables dans la capitale. Mais cette stratégique suscite une question cruciale : la fréquentation de ces aménagements a-t-elle réellement progressé, ou les vélocyclistes les délaissent-ils aujourd'hui ?

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FAKE OFF : les chiffres qui contredisent les apparences

1.565 kilomètres de pistes cyclables constituaient, en 2024, la longueur totale des itinéraires cyclables parisiens. C'est plus du double des 737,5 kilomètres recensés en 2014. Ces données englobent les voies réservées aux vélos, les bandes cyclables et les couloirs de bus partagés. Un travail colossal mené par Anne Hidalgo et ses équipes.

Marion Soulet, de l'association Paris en selle, explique : « Le boom du vélo à Paris s'explique notamment par le fait qu'il y a, aujourd'hui, beaucoup d'infrastructures. Si on regarde six ans en arrière, il n'y avait pas grand-chose. » Elle identifie un tournant en 2020, après les grandes grèves de 2019 et le premier confinement lié au Covid-19. À l'époque, seuls quelques axes majeurs étaient équipés, comme le boulevard Voltaire, Bastille, le boulevard Sébastopol, les quais rive gauche et une petite piste sur la rue de Rivoli.

10.965 vélos par jour ont été comptabilisés sur la rue de Rivoli en 2024 en semaine, soit une augmentation de 10 % par rapport à 2023. Cette artère se classe ainsi comme le troisième axe le plus emprunté à Paris, derrière le boulevard Sébastopol (14.722 vélos/jour) et le boulevard Magenta (11.215 vélos/jour). Des chiffres qui infirment totalement le recul de fréquentation suggéré par la vidéo du 17 janvier.

Une offre qui stimule la demande

David Belliard, adjoint aux transports à la Mairie de Paris, affirme sans ambages : « C'est l'offre qui conditionne la demande. » Il détaille : « Globalement, on a mis 250 millions d'euros sur la question des infrastructures, avec un plan vélo très ambitieux qui a opéré un développement assez massif des pistes cyclables sur les axes structurants de la capitale. » Plus de 200 kilomètres de voies pour vélos ont été créés en cinq ans, dont 80 kilomètres entre 2023 et 2024.

L'élu analyse : « À partir du moment où vous avez une offre d'infrastructures qui vous permet de traverser Paris d'est en ouest et du nord au sud de manière sécurisée, l'usage du vélo devient forcément plus attractif que n'importe quel autre moyen de transport. » Marion Soulet abonde : « C'est vrai que le fait qu'il y ait plein de nouvelles pistes a permis aussi à plein de gens de se mettre au vélo. »

À titre d'exemple, le 8 octobre 2024, sur douze sites principaux incluant des ponts et des boulevards, 97.092 vélos ont été recensés entre 8 heures et 22 heures. Parmi eux, 68,2 % étaient des vélos personnels, 26,7 % des Vélib' et 5,1 % des vélos en libre-service.

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Des disparités persistantes entre l'est et l'ouest

Néanmoins, seulement un peu plus de 55 % du « plan vélo 2021-2026 » a été réalisé à ce jour. Pourtant, en 2024, 27 % des résidents parisiens déclaraient avoir augmenté leur usage du vélo sur un an. Marion Soulet soulève des points d'amélioration : « Il y a encore plein de choses à faire pour garantir la sécurité des vélocyclistes, notamment les intersections entre deux voies. Aujourd'hui, on fait du linéaire le long des rues, mais on ne traite pas les carrefours, et c'est dangereux. Et il reste des endroits qui n'ont pas du tout été aménagés à l'ouest. »

David Belliard reconnaît ces manquements, mais les attribue à un manque de volonté politique de la part de certains maires d'arrondissement « de droite » : « Nous avons été victimes de beaucoup d'entraves dans l'ouest parisien. Et comme ça prenait trop de temps, qu'on nous livrait une espèce de guérilla pour empêcher les projets de se faire, nous avons décidé de mettre l'argent de la collectivité et l'énergie des services là où les maires et les populations s'étaient montrées désireuses d'en avoir. Donc aujourd'hui, vous avez effectivement plus d'infrastructures dans l'est que dans l'ouest. »

L'élu assure que les embouteillons n'ont pas augmenté sur les axes où l'espace automobile a été réduit. Les déplacements en vélo et en voiture dans la capitale sont presque à l'équilibre : en moyenne, les actifs franciliens réalisent 8,7 % de leurs trajets domicile-travail à vélo, contre 9,5 % en voiture.

Municipales 2026 : un enjeu de vérité et de mobilité

À l'approche des élections municipales, ce débat sur les pistes cyclables illustre l'importance de vérifier les informations. Les chiffres démontrent une croissance substantielle de la pratique du vélo à Paris, soutenue par des investissements massifs, même si des défis subsistent, notamment en matière d'équité territoriale. Les électeurs devront peser ces éléments lors de leur vote les 15 et 22 mars 2026.