Municipales 2026 : Le second tour s'annonce serré dans les grandes villes de Nouvelle-Aquitaine
À quelques jours du scrutin décisif du 22 mars, le paysage électoral des grandes villes de la région Nouvelle-Aquitaine se précise avec son lot de surprises, de retraits inattendus et de configurations complexes. Alors que certaines communes ont déjà élu leur maire dès le premier tour, d'autres s'apprêtent à vivre des second tours particulièrement disputés, marqués par des duels classiques, des triangulaires serrées et même des quadrangulaires historiques.
Bordeaux : Un duel inattendu après le retrait de Dessertine
La capitale girondine vit un véritable coup de théâtre. Philippe Dessertine, l'indépendant arrivé troisième avec 20,2% des voix, a finalement renoncé à présenter une liste pour le second tour, cédant semble-t-il à des pressions parisiennes. Ce retrait inattendu transforme la course en un duel direct entre le macroniste Thomas Cazenave (25,58%) et le maire sortant écologiste Pierre Hurmic (27,67%). Ce dernier, ayant persisté à refuser les avances de La France Insoumise, voit son rival bénéficier d'une opportunité inespérée pour conquérir le Palais-Rohan.
La Rochelle : Une quadrangulaire historique
La cité charentaise vit une situation inédite avec une quadrangulaire, configuration rare pour une ville habituée à élire son maire au premier tour. Le député Olivier Falorni, largement en tête avec 33,1% des suffrages, apparaît favori face à la socialiste Maryline Simoné (21,4%), au maire sortant Thibaut Guiraud (15,6%) et à Christophe Batcabe (13,6%). L'absence d'accord entre les candidats de gauche et le maintien de quatre listes promet un scrutin particulièrement indécis.
Pau : Bayrou confiant face à une gauche divisée
Dans la capitale béarnaise, François Bayrou (33,83%) aborde le second tour avec confiance, bénéficiant du ralliement de la liste de Philippe Arraou (6,15%). Il affrontera Jérôme Marbot pour l'union de la gauche (26,31%) et la candidate RN Margaux Taillefer (16,26%). La division persistante au sein de la gauche, dont les différentes composantes n'ont pas réussi à trouver un accord, renforce la position du maire sortant centriste.
Biarritz : Alliances complexes pour une triangulaire ouverte
La station balnéaire basque connaît des tractations intenses depuis le premier tour. Trois listes s'affronteront : celle de la maire sortante Maider Arosteguy (26,6%) qui fait cavalier seul, l'alliance entre Serge Blanco (26,68%) et Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde (13,11%), et la fusion des listes d'Ana Ezcurra (17,82%) et Guillaume Barucq (12,16%). La différence infime de 12 voix entre Arosteguy et Blanco au premier tour annonce un second tour extrêmement serré.
Bayonne : La gauche unie pour déloger Etchegaray
À Bayonne, le maire sortant Jean-René Etchegaray (42,11%) devra faire face à une gauche enfin réunie. Les listes de Jean-Claude Iriart et Henri Etcheto, fusionnées, totalisent 43,36% des voix et espèrent bénéficier des 3,81% de la candidate LFI Sandra Pereira-Ostanel pour créer la surprise. La triangulaire inclut également la liste d'extrême droite de Pascal Lesellier (10,72%).
Mont-de-Marsan : Une quadrangulaire historique
La préfecture landaise vit elle aussi une première avec une quadrangulaire opposant le socialiste Frédéric Dutin (29,72%), le maire sortant Charles Dayot (26,04%), l'ancienne maire Geneviève Darrieussecq (23,98%) et le candidat RN Nicolas Lerègle (13,92%). Cette configuration inédite pour la ville promet un scrutin particulièrement ouvert et indécis.
Périgueux : Duel serré à 40 voix près
En Dordogne, Périgueux s'apprête à vivre un duel classique gauche-droite particulièrement serré. Le maire sortant Émeric Lavitola (36,40%) affronte Michel Cadet (36%), avec seulement 40 voix d'écart au premier tour. Le retrait d'Antoine Audi (16,30%) sans consigne de vote laisse chaque camp dans l'incertitude quant au report des voix.
Agen : Triangulaire dans un mouchoir de poche
La préfecture lot-et-garonnaise connaît une triangulaire extrêmement serrée avec seulement 400 voix séparant les trois listes qualifiées. Laurent Bruneau pour l'union de la gauche (34,5%) devance d'une courte tête le maire sortant Jean Dionis (32,26%), tandis que le RN Sébastien Delbosq (30,55%) complète ce trio très resserré. La chasse aux abstentionnistes, particulièrement nombreux à Agen, sera déterminante.
Marmande : Retrait surprise et triangulaire recomposée
L'entre-deux-tours a été marqué par le retrait inattenu de la liste divers droite Clairement Marmande (12,10%) de Martine Calzavara, qui avait pourtant annoncé son maintien. La triangulaire oppose désormais le maire sortant Joël Hocquelet (36,77%), le RN André Belacel (25,56%) et la liste divers droite Marmande avenir de Valérie Pérali (17,71%). Cette dernière espère capitaliser sur le revirement de Calzavara.
Angoulême : Évité de justesse la quinquangulaire
La cité des Valois a frôlé une configuration à cinq candidats avant que deux qualifiés ne renoncent. L'écologiste Christophe Duhoux-Salaberry (10,7%) et le dissident de droite Vincent You (16,8%) se sont retirés, laissant place à une triangulaire entre le maire sortant Xavier Bonnefont (Horizons, 27,4%), Anne-Aziliz Petit-Louboutin (LFI, 18%) et Patrick Mardikian (divers gauche, 12,9%).
Ces configurations complexes témoignent de la vitalité démocratique de la région, mais aussi des divisions politiques persistantes et des recompositions en cours. Les électeurs de Nouvelle-Aquitaine auront le dernier mot le 22 mars, dans des scrutins qui pourraient réserver encore des surprises et redessiner durablement le paysage politique local.



