Municipales 2026 à Nîmes : un sondage exclusif révèle une course indécise
À un mois du premier tour des élections municipales de 2026, la course pour la mairie de Nîmes s'annonce particulièrement serrée. Un sondage exclusif réalisé par l'Ifop pour Midi Libre dévoile les rapports de force et les incertitudes qui marquent cette campagne électorale.
Un premier tour marqué par l'éclatement des voix
Selon les résultats de cette enquête, le scrutin pourrait déboucher sur un quadrangulaire, voire un quinquangulaire au soir du premier tour. Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, analyse cette situation : « On a un sondage qui ne donne pas la réponse de qui va être maire le 22 mars, mais des éléments sur le rapport de force électorale observé au premier tour, marqué par une vraie incertitude. »
L'offre électorale apparaît particulièrement fragmentée. En dehors de la liste citoyenne de M. Philibert, les cinq autres listes testées dépassent ou tangentent toutes les 10%. Cette dispersion rend toute prédiction hasardeuse.
La droite divisée, la gauche en progression
La division de la droite constitue l'un des enseignements majeurs de ce sondage. L'addition des scores de Franck Proust et Julien Plantier atteint 38%, un résultat supérieur à celui obtenu par Jean-Paul Fournier en 2020 au premier tour. Pourtant, cette division affaiblit considérablement la droite nîmoise.
« En 1995, la droite a perdu Nîmes parce qu'il y avait eu une division, ce qui avait permis, à la surprise générale, au PC de prendre la ville », rappelle Frédéric Dabi. Cette configuration historique pourrait se répéter en 2026.
Face à cette droite morcelée, la gauche apparaît en position favorable. Vincent Bouget réalise un score de 16%, en nette progression par rapport à 2020. L'addition des forces de gauche (PC, Europe Écologie Les Verts, PS) atteint 27,28%, confirmant cette dynamique positive.
L'hésitation des électeurs de droite
Un élément notable ressort de l'enquête : l'hésitation des électeurs est particulièrement marquée dans les camps Plantier et Proust. Alors que les électeurs de Vincent Bouget et Julien Sanchez se déclarent majoritairement sûrs de leur choix, il n'en va pas de même pour ceux des candidats de droite.
« L'hésitation se cristallise sur cette liste divers droite et de la majorité municipale », précise Frédéric Dabi. Même si Franck Proust arrive en tête devant Julien Plantier, il pâtit symboliquement de cette division, se situant à 10,4 points du score réalisé par Jean-Paul Fournier en 2020.
Les enseignements par catégories d'électeurs
L'analyse détaillée des résultats révèle des disparités significatives selon les tranches d'âge et les catégories socioprofessionnelles :
- Vincent Bouget s'impose à 38% chez les femmes et 39% chez les moins de 35 ans
- Franck Proust est fort chez les personnes de plus de 50 ans, qui votent le plus
- Julien Plantier réalise des scores élevés auprès des catégories supérieures, arrivant même premier auprès des cadres supérieurs
Un problème persistant pour la droite : Franck Proust ne parvient à récupérer que 50% de l'électorat de Jean-Paul Fournier, tandis que 21% se tournent vers Julien Plantier et 19% vers Julien Sanchez.
Un second tour incertain
Si la gauche apparaît en position favorable pour le second tour, Frédéric Dabi reste prudent : « Je suis très prudent sur le second tour, compte tenu du fait qu'on ne connaît pas, par définition, les résultats du premier tour et qu'on ne mesure pas la dynamique. »
Les choix des électeurs seront nécessairement influencés par les résultats du premier tour, rendant toute projection difficile. Cependant, un enseignement semble clair : si la droite ne parvient pas à se rassembler, elle risque de perdre la mairie de Nîmes.
La situation électorale à Nîmes reste donc « liquide », selon l'expression de Frédéric Dabi, avec une droite divisée, une gauche forte mais pas suffisamment pour créer une dynamique claire, et une incertitude qui persiste jusqu'au soir du 22 mars 2026.



