Le compte à rebours des municipales 2026 est lancé
Le scrutin municipal des 15 et 22 mars 2026 s'annonce comme un événement politique majeur avec environ 900 000 candidats répartis sur 50 000 listes à départager dans près de 35 000 communes. Comme le prévoit le système électoral, seules les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés peuvent accéder au second tour, à moins qu'une liste ait obtenu la majorité absolue dès le premier tour. L'attention se concentrera particulièrement sur plusieurs grandes villes où la carte politique locale pourrait connaître des bouleversements significatifs.
Paris : une bataille à trois entre Dati, Grégoire et Bournazel
À Paris, la mairie détenue par la gauche depuis 2001 est l'objet d'une concurrence féroce. Rachida Dati, candidate de la droite soutenue par Emmanuel Macron, affronte le socialiste Emmanuel Grégoire, ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo. Les sondages placent ces deux candidats en tête au premier tour avec une légère avance pour Grégoire qui récolte 32 % des intentions de vote contre 26,5 % pour l'ex-ministre de la Culture selon une enquête Elabe/Berger-Levrault. Pierre-Yves Bournazel (Horizons) pourrait jouer un rôle décisif en affirmant qu'il ne soutiendrait "ni Grégoire ni Dati" au second tour, tandis que Sarah Knafo (Reconquête) et Sophia Chikirou (La France insoumise) représentent les extrêmes.
Marseille : Payan face au défi historique du RN
À Marseille, le maire socialiste sortant Benoît Payan doit faire face à un défi de taille avec Franck Allisio, candidat du Rassemblement national, qui pourrait réaliser un score historique. Le dernier sondage Ifop-Fiducial donne Payan à 35 % des intentions de vote contre 32 % pour son rival RN. Martine Vassal, présidente de la métropole représentant la droite et le centre, recueille 18 %, tandis que Sébastien Delogu (La France insoumise) obtient 13 %.
Lyon : Doucet tente de conserver face à Aulas
À Lyon, le maire écologiste sortant Grégory Doucet tente de conserver l'Hôtel de Ville après un mandat marqué par des politiques écologistes parfois contestées. Face à lui, l'ancien président de l'Olympique lyonnais Jean‑Michel Aulas, soutenu par une large partie de la droite, domine actuellement les intentions de vote avec 43 % selon le sondage Elabe/Berger-Levrault, contre 29 % pour le maire sortant. D'autres candidatures pourraient fragmenter le paysage politique, notamment celles de Nathalie Perrin‑Gilbert ou de la députée insoumise Anaïs Belouassa‑Cherifi.
Lille : une succession après l'ère Aubry
À Lille, les municipales de 2026 ouvriront une nouvelle page politique après plus de deux décennies de direction par Martine Aubry. Son ancien premier adjoint, Arnaud Deslandes, a été désigné pour défendre l'héritage de la majorité sortante socialiste. Dans les sondages, il est talonné par l'écologiste Stéphane Baly, tandis que Lahouaria Addouche (La France insoumise) arrive en troisième position. La députée Violette Spillebout, soutenue par Renaissance, pourrait également se qualifier pour le second tour.
Toulouse : Moudenc défend son fauteuil
Dans la quatrième ville de France, l'édile sortant Jean-Luc Moudenc, en poste depuis 2014, joue sa réélection face à une gauche déterminée à reprendre le pouvoir. Le socialiste François Briançon conduit une candidature d'union, mais le député insoumis François Piquemal se présente aussi, ce qui pourrait fragmenter l'électorat progressiste. À l'extrême droite, Julien Leonardelli défendra les couleurs du Rassemblement national.
Strasbourg : Barseghian brigue un second mandat
À Strasbourg, la maire écologiste sortante Jeanne Barseghian brigue un second mandat mais doit composer avec une gauche renforcée, notamment par la candidature de l'ancienne maire socialiste Catherine Trautmann. La liste des Républicains menée par Jean‑Philippe Vetter tente de peser tout comme celle de Pierre Jakubowicz pour le Centre. L'extrême droite est représentée par Virginie Joron (Rassemblement national) et Florian Kobryn incarne l'offre de La France insoumise.
Nice : Estrosi face à Ciotti
À Nice, deux figures bien connues de la droite locale s'affrontent. Le maire sortant Christian Estrosi, candidat pour un quatrième mandat, est opposé à Eric Ciotti, soutenu par le Rassemblement national. Plusieurs sondages donnent Eric Ciotti en tête des intentions de vote au premier tour. La gauche et les écologistes ont aussi présenté des listes, notamment sous l'étiquette d'union de la gauche portée par Juliette Chesnel‑Le Roux.
Nantes : Rolland défend une place forte de gauche
À Nantes, la maire sortante Johanna Rolland conduit une liste d'union rassemblant socialistes, écologistes et communistes. Mais le scrutin s'annonce plus serré que prévu avec Foulques Chombart de Lauwe, qui porte une coalition de droite et du centre, à 31 % des intentions de vote. La candidature de William Aucant pour La France insoumise pourrait également peser sur les équilibres dans cette ville traditionnellement ancrée à gauche.
Ces élections municipales de 2026 s'annoncent donc comme un test politique majeur pour l'ensemble des forces politiques françaises, avec des enjeux locaux qui reflètent souvent les tensions nationales. Les résultats dans ces grandes villes pourraient redessiner durablement le paysage politique français à l'approche des échéances nationales suivantes.



