Municipales 2024 : une soirée électorale riche en rebondissements
Les élections municipales de ce dimanche 22 mars ont livré leurs verdicts dans plusieurs grandes villes de France, avec des résultats parfois attendus, parfois surprenants, qui redessinent la carte politique locale.
Les réélections marquantes
Édouard Philippe a été confortablement réélu maire du Havre avec près de 48% des voix, devançant le communiste Jean-Lecoq (41,17%) et le candidat UDR-RN Franck Keller (11,12%). Cette victoire dans la cité Océane, où il dirige la municipalité depuis 2010, représente une étape importante pour l'ancien Premier ministre qui avait conditionné sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 à ce succès local.
À Lyon, Grégory Doucet a conservé son fauteuil de maire face à l'ancien président de l'Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas. Selon les estimations, l'écologiste obtient entre 51,8% et 54% des suffrages, confirmant ainsi sa remontée spectaculaire dans les sondages en fin de campagne.
Stéphane Le Foll a été réélu de justesse au Mans avec 50,06% des voix, tandis qu'à Toulouse, Jean-Luc Moudenc l'emporte avec environ 54% des suffrages face à la coalition LFI-PS menée par François Piquemal.
Les surprises et les défaites notables
À Paris, Emmanuel Grégoire remporte la mairie avec 51% des voix selon les estimations, devançant Rachida Dati (37%) et Sophia Chikirou (12,5%). Dans son discours de victoire, il a promis que « Paris sera le cœur de la résistance à cette union des droites » et a assuré que son bureau « sera toujours ouvert pour l'opposition ».
À Pau, le socialiste Jérôme Marbot a revendiqué sa victoire face au maire sortant François Bayrou, l'emportant avec seulement 400 voix d'avance dans cette ville de 80 000 habitants. « Nous avons battu François Bayrou », a déclaré le candidat soutenu par le Parti socialiste, Place publique, le Parti communiste et les Écologistes.
À Nice, Éric Ciotti (UDR-RN) a battu le maire sortant Christian Estrosi (Horizons) avec 45% des suffrages contre 39,5%. Cette victoire du candidat porteur d'une stratégie d'union de la droite et de l'extrême droite marque un tournant dans la vie politique niçoise.
Les autres résultats significatifs
À Tourcoing, la maire sortante divers-droite Doriane Bécue a été élue avec 55,43% des suffrages. Particularité notable : le ministre de la Justice Gérald Darmanin, ancien maire de la ville, sera son premier adjoint. « C'est une grande victoire », s'est félicité le ministre, présent dimanche soir à la mairie.
À Biarritz, l'ancien rugbyman Serge Blanco remporte la mairie avec 41,92% des voix pour sa première campagne électorale, devançant la maire sortante Maïder Arosteguy (32,21%) et la liste d'union de la gauche menée par Ana Ezcurra (25,87%).
À Toulon, le Rassemblement national échoue à remporter la mairie, pourtant considérée comme l'une de ses principales cibles. La candidate RN Laure Lavalette (46,5%) est battue par la sortante de droite Josée Massi (53,5%). « Cette défaite est la mienne. J'en assume la pleine responsabilité », a réagi Laure Lavalette.
À Marseille, le maire sortant Benoît Payan est en tête avec 56,30% des suffrages selon les premières estimations, devançant largement le candidat RN Franck Allisio (39,10%).
Enfin, à Issy-les-Moulineaux, André Santini (UDI) a été réélu maire avec 48% des voix, perpétuant ainsi une domination commencée en 1980. L'édile de 85 ans, ancien ministre, a mené sa campagne depuis un hôpital où il est soigné suite à une chute.
Ces résultats municipaux dessinent un paysage politique local contrasté, avec des victoires de la gauche dans certaines grandes villes, des succès de la droite dans d'autres, et l'émergence de nouvelles figures comme Serge Blanco à Biarritz. La participation électorale, variable selon les villes, témoigne de l'intérêt des citoyens pour ces scrutins locaux qui détermineront la politique des villes pour les six prochaines années.



