Montpellier 2026 : trois visions s'affrontent dans l'ultime sprint électoral
À quatre jours du second tour des élections municipales, la campagne montpelliéraine entre dans sa phase la plus intense. Les trois candidats encore en lice – Michaël Delafosse, Mohed Altrad et Nathalie Oziol – multiplient les prises de parole avec des styles et des stratégies radicalement différents, après le refus de toute alliance entre leurs listes respectives.
Delafosse : retour aux sources et défense du bilan
Le maire sortant et favori du scrutin, Michaël Delafosse, a choisi de convoquer ses souvenirs de jeunesse en réunissant la presse au restaurant Le106, avenue de Lodève. C'est dans ce lieu, autrefois repaire des lycéens du Mas-de-Tesse, que le jeune Delafosse esquissait ses premiers engagements politiques. « Le maire aussi a changé », constate-t-il, tout en défendant son bilan et sa réélection.
Visiblement préoccupé par le climat de « violence généralisée » qui a marqué la campagne, il assure ne pas dévier de ses engagements : « La lutte contre le narcotrafic, les points de deal, la sécurité… dans l'engagement républicain qui restera le mien. » Il pose clairement l'enjeu du second tour : « Quel maire les Montpelliérains veulent-ils ? La députée Oziol, qui veut désarmer nos policiers et m'attaque sur mon engagement en faveur de la laïcité, ou M. Altrad, qui n'avait jamais voté jusqu'en 2020 et qui, une fois élu, n'a pas siégé une seule fois ? »
Altrad : le pragmatisme économique contre le « cancre » Montpellier
Pour la première fois de la campagne, Mohed Altrad a organisé une conférence de presse dans son local de campagne place Jean-Jaurès. L'homme d'affaires, affable mais déterminé, a laissé son directeur de campagne Salim Jawhari dresser le bilan du premier tour avant d'intervenir directement : « C'est à moi, je vais répondre… si tu me laisses parler », a-t-il glissé avec un sourire.
Son message est sans équivoque : « Tant que Michaël Delafosse ne comprendra rien à l'économie, Montpellier restera le cancre des villes de sa catégorie. » Altrad oppose intérêt personnel et intérêt collectif, dogmatisme et pragmatisme, promettant 500 millions d'euros d'économies entre Ville et Métropole. « Ce qui nous permettra d'aider beaucoup de monde, notamment dans les quartiers », avance-t-il, avec comme point d'orgue la création de 30 000 emplois.
Il assume pleinement son profil : « Je ne suis pas politique, je ne veux pas être politique, je veux gérer les problèmes de la cité. » Et s'il est élu, il promet de prendre ses distances avec son groupe et de démissionner du MHR pour éviter tout conflit d'intérêts.
Oziol : meeting de dernière minute avec le soutien de LFI
Mercredi 18 mars au soir, Nathalie Oziol a choisi la forme d'un meeting en présence du numéro deux de La France insoumise, Manuel Bompard, pour souder ses troupes dans ce sprint final. Sa campagne dépeint Delafosse comme le socialiste « le plus à droite de France », ce à quoi le maire sortant répond : « J'ai toujours été de gauche, même quand les socialistes ne se sont pas montrés élégants avec moi. »
Une campagne sans compromis
Les trois candidats ont fait le choix de ne pas fusionner leurs listes. Mohed Altrad a particulièrement insisté sur cette ligne, éconduisant tous ceux susceptibles de le rejoindre. Son directeur de cabinet, Salim Jawhari, résume la position : « Ni compromis, ni arrangement d'arrière-boutique. »
Du côté de Delafosse, on réfute toute victoire acquise : « Rien n'est gagné, il faut convaincre jusqu'au bout. Il y a 50 % d'abstentionnistes », souligne son entourage, qui appelle à « une majorité claire pour gouverner Montpellier et la Métropole ». Sa méthode reste inchangée : « Une campagne où l'on parle des trottoirs », mais aussi de « la République que l'on veut. On se bat pour des idées, pas pour des places. »
Dans cette dernière ligne droite, chaque candidat tente de marquer les esprits avec sa propre vision de Montpellier, entre continuité managériale, révolution économique et alternative politique. Le second tour du 22 mars 2026 décidera laquelle de ces trois voix l'emportera pour les six prochaines années.



