Une quadrangulaire historique pour le second tour des municipales à Mont-de-Marsan
Pour la première fois dans l'histoire politique de la ville, les électeurs montois sont confrontés à une quadrangulaire ce dimanche 22 mars. Quatre candidats s'affrontent pour la mairie : Frédéric Dutin, Charles Dayot, Geneviève Darrieussecq et Nicolas Lerègle. Cette configuration inédite intervient dans un contexte où l'abstention, particulièrement élevée, pourrait jouer un rôle déterminant dans l'issue du scrutin.
L'abstention atteint des niveaux préoccupants
Le premier tour a révélé un premier enseignement majeur : l'abstention s'est établie à 41,39% le dimanche 15 mars, un chiffre qui surprend les observateurs politiques. Bien que ce taux soit inférieur à celui de 2020, marqué par la pandémie de Covid-19, il dépasse significativement les 34,93% enregistrés en 2014. « Nous n'avons pas réussi à intéresser les électeurs », a regretté Geneviève Darrieussecq dans la soirée du premier tour.
Certains bureaux de vote ont même enregistré des taux d'abstention particulièrement élevés :
- Plus de 52% dans les deux bureaux de l'Argenté
- 49% au Pouy 1
- 46% à Lamarque-Cando
Un observateur politique s'est déclaré « très surpris » par cette situation, notant que « le choix politique était présent, allant d'un extrême à l'autre, mais 42% des électeurs ne se sont pas reconnus dans cette offre ».
La gauche prend une avance ténue
La liste de gauche unie derrière Frédéric Dutin arrive en tête avec près de 30% des suffrages, devançant dans 16 des 23 bureaux de vote. Elle réalise ses meilleures performances dans les bureaux de Jean-Moulin, de l'Argenté 1 et au Péglé 4. Cependant, cette avance reste fragile, avec seulement 437 voix d'écart sur le maire sortant.
La liste citoyenne Marsan Citoyen, avec 6,33% des voix, pourrait apporter un soutien limité à Frédéric Dutin, même si aucune consigne de vote n'a été donnée. Un observateur local précise : « Certains électeurs pourraient se rallier à la candidature Dutin, peut-être pas de gaieté de cœur, mais avec le principe du vote utile en tête ».
Le maire sortant en position délicate
Charles Dayot, le maire sortant, se retrouve en ballottage défavorable avec 26,04% des suffrages. Il est talonné de près par Geneviève Darrieussecq qui obtient 23,98%, démontrant ainsi son ancrage local malgré les critiques de ses adversaires pendant la campagne. Le maire sortant arrive en tête dans six bureaux seulement : Pouy 2, Jean-Moulin 1, Saint-Médard 2, Péglé 1, Péglé 2 et Carboué 2.
Un sympathisant de gauche souligne : « 74% des électeurs ne veulent pas du maire sortant. Pour un sortant, c'est très faible ». Malgré les affaires judiciaires qui l'entourent, Charles Dayot semble avoir conservé une base électorale solide, ayant selon un analyste « siphonné des voix du RN et de ceux qui ne veulent pas de la gauche ».
La course aux voix s'intensifie
Dès l'annonce des résultats, Charles Dayot a demandé « solennellement à Geneviève Darrieussecq de se retirer », une demande immédiatement rejetée. Des tentatives similaires ont été faites auprès du Rassemblement national, sans plus de succès puisque Nicolas Lerègle a déposé sa liste pour le second tour dès le lundi 16 mars.
Les abstentionnistes, nombreux et imprévisibles, apparaissent comme la clé de cette élection. Frédéric Dutin a déclaré : « À nous de les convaincre », annonçant vouloir poursuivre sa « campagne programmatique ». Les équipes des candidats examinent désormais minutieusement les cahiers d'émargement, avec l'intervention de la préfecture pour rappeler les règles en vigueur, avant de se lancer dans une intense campagne de terrain pour séduire les électeurs indécis.
Le compte à rebours est lancé pour déterminer qui occupera l'hôtel de ville de Mont-de-Marsan, dans une élection qui pourrait réserver des surprises tant la configuration est inédite et l'abstention déterminante.



