Millau : l'Alternative de gauche lance une liste anticapitaliste pour les municipales
Millau : liste anticapitaliste pour les municipales

Une troisième force anticapitaliste entre dans la bataille municipale à Millau

Dans le duel attendu entre Emmanuelle Gazel et Christophe Saint-Pierre pour les élections municipales de Millau, une troisième formation vient perturber le jeu politique local. L'Alternative de gauche a officiellement présenté sa liste ce mercredi 11 février, perpétuant une tradition vieille de 42 ans dans la cité aveyronnaise du gant.

Dalila Belaid Artis à la tête d'une équipe collective

C'est Dalila Belaid Artis, 49 ans, institutrice et ancienne candidate aux régionales de 2021 sous l'étiquette LFI-NPA, qui briguera le poste de maire. Elle insiste cependant sur le caractère collectif de cette démarche. "Nous ne croyons pas à l'homme ou la femme providentielle", affirme-t-elle. "Sur notre liste, tout le monde a la parole ! Nous en avons assez de ces élus qui décident de tout, tout seuls."

Le groupe a même prévu un système de rotation : si des membres sont élus au conseil municipal, ils s'engagent à démissionner après un certain temps pour être remplacés par d'autres camarades, garantissant ainsi un renouvellement permanent.

Un programme revendiqué comme anticapitaliste et participatif

Les 35 candidats de l'Alternative de gauche se réclament d'un projet "anticapitaliste" assumé, avec des positions marquées sur l'écologie, les droits des femmes et l'antiracisme. Durant la campagne, ils comptent aller à la rencontre des Millavois pour présenter leur programme et l'enrichir des propositions citoyennes.

"Nous voulons établir une vraie démocratie participative", explique Dalila Belaid Artis, qui dénonce le mépris envers les opinions divergentes observé lors du dernier conseil communautaire, notamment sur le dossier Cyclamen.

Iñaki Aranceta, figure historique du mouvement, précise leur soutien au référendum d'initiative citoyenne (RIC), tout en excluant son utilisation pour remettre en cause des acquis sociaux ou des droits fondamentaux.

Une rupture nécessaire avec la majorité actuelle

Pour la tête de liste, la nécessité d'une rupture est particulièrement criante sur la question hospitalière. Elle juge inadmissible la fermeture programmée des hôpitaux de Millau et de Saint-Affrique au profit d'un seul site commun.

En cas de non-qualification au second tour, l'Alternative de gauche ne donnera aucune consigne de vote, considérant qu'Emmanuelle Gazel et Christophe Saint-Pierre représentent respectivement "la gauche libérale et la droite libérale", deux options également éloignées de leurs convictions.

Quatre réunions publiques déjà programmées

La campagne s'annonce active avec quatre rendez-vous publics déjà fixés :

  • Le 21 février à la salle de la Menuiserie
  • Les 27 février, 6 et 11 mars à la chapelle du CREA

L'équipe complète comprend 35 noms, dont Marion Achache, Karine Alibert, Claire Barre, Flore Brady Donadio, Gaëlle Brient, Patricia Camusso, Victoria Julien, Yveline Lodé, Estelle Marquette, Elsa Mercier, Anaïs Meunier, Anaïs Minot, Geneviève Ricard, Anne-Marie Rivemale, Laura Torres, Audrey Verraz, Valérie Villière, Iñaki Aranceta, Nicolas Bestard, François Deruy, Maxime Fulcrand, Didier Gouffe, Yannick Lefevre, Daniel Marcou, Matéo Menossi, Jean-Christophe Pattyn, Hugo Pignard, Bernard Pujol, Jean Rigoulot, Bernard Rivemale, Manu Ruiz, Sezmez Satilmis, Jean Vilain et Paul Zenoni.

Cette candidature s'inscrit dans une longue tradition millavoise où, depuis plus de quatre décennies, une liste anticapitaliste se présente systématiquement aux suffrages des habitants, portant des valeurs alternatives dans le débat public local.