L'alliance de la gauche et des écologistes se consolide à Lyon
C'est désormais officiel : la liste d'Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate La France insoumise à Lyon, rejoint celle du maire sortant écologiste Grégory Doucet pour le second tour des élections municipales. Cette décision intervient après que la candidate insoumise a obtenu 10,41 % des voix lors du premier tour, se classant en troisième position.
Un programme qui reste inchangé
L'entourage de Grégory Doucet a tenu à préciser auprès de 20 Minutes que le programme de la liste ne subira aucune modification. « Les Lyonnais et les Lyonnaises ont placé notre programme à la première place lors du premier tour, il restera identique au second », a déclaré la même source. Cette alliance avec LFI est présentée comme un accord technique, sans promesse de sièges spécifiques au sein de l'exécutif en cas de victoire.
Les discussions se sont déroulées directement avec Anaïs Belouassa-Cherifi et ses équipes locales, et non avec la direction nationale du parti à Paris. « Ce sont des discussions avec Anaïs Belouassa-Cherifi, présente à Lyon et ses équipes, pas avec le parti national et ses directives depuis Paris », a-t-on glissé.
Les Insoumis dans le débat démocratique
Si Grégory Doucet est élu dimanche prochain, les Insoumis ne seront pas présents à l'exécutif municipal mais « seront dans le débat démocratique, au conseil municipal ». Anaïs Belouassa-Cherifi avait pourtant réclamé une représentation proportionnelle à son résultat électoral. « Le nombre de places dans la liste doit respecter la proportionnelle », avait-elle affirmé à l'AFP.
La réaction virulente de Jean-Michel Aulas
Jean-Michel Aulas, arrivé en deuxième position avec 36,78 % des suffrages, juste derrière Grégory Doucet (37,36 %), a immédiatement qualifié cette union d'accord de la honte dès dimanche soir. Le candidat soutenu par la droite et le centre devait débattre mercredi soir sur France 3 avec son adversaire, mais il a finalement conditionné sa participation.
Un débat sous conditions
« Si vous [Grégory Doucet] voulez débattre devant les Lyonnais, alors renoncez à cette trahison » de l'alliance avec LFI, a déclaré Jean-Michel Aulas dans une tribune publiée sur Actu. Ses équipes ont confirmé à 20 Minutes que le candidat ne « voulait pas débattre avec les extrêmes » et souhaitait un « débat serein ». « Il se réserve le droit de ne pas y aller », a-t-on indiqué, laissant planer le doute sur sa présence effective.
Une stratégie de fuite du débat ?
Pour Valentin Lungenstrass, adjoint au maire sortant, « Aulas va encore une fois fuir le débat démocratique. La disgrâce jusqu'au bout donc », a-t-il déclaré sur X. Jean-Michel Aulas n'a participé qu'à un seul débat avant le premier tour, sur BFM, où il est apparu en difficulté face à ses opposants, notamment Alexandre Dupalais du Rassemblement national et Anaïs Belouassa-Cherifi de LFI, deux partis qu'il classe aux « extrêmes ».
L'enjeu du second tour
Dimanche prochain, les électeurs lyonnais devront trancher entre le maintien d'une alliance entre les écologistes et la gauche radicale, représentée par Grégory Doucet, et l'alternative portée par Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre. Cette élection municipale de 2026 s'annonce comme un véritable test politique pour la ville de Lyon, avec des positions clairement campées et des alliances qui redessinent le paysage politique local.
Les résultats du premier tour ont montré une compétition serrée entre les deux principaux candidats, avec moins d'un point d'écart. L'addition des voix de LFI à celles des écologistes pourrait potentiellement offrir une majorité plus confortable à Grégory Doucet, tandis que Jean-Michel Aulas mise sur le rejet des extrêmes pour convaincre les électeurs indécis.



