Lille : le PS et EELV conservent la mairie face à l'offensive insoumise
Il s'en est fallu de peu pour que le bastion socialiste de Lille bascule entre les mains de La France insoumise. Pourtant, l'alliance de dernière minute entre le Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts a finalement porté ses fruits, permettant à Arnaud Deslandes de conserver son fauteuil de maire, cette fois-ci avec une légitimité renforcée par les urnes.
Un second tour sans véritable suspense
Contrairement au premier tour qui avait laissé planer quelques incertitudes, le second tour des élections municipales à Lille n'a jamais vraiment offert de suspense. Dès le début du dépouillement, le maire sortant socialiste a pris une avance confortable sur sa concurrente insoumise, Lahouaria Addouche. Dans les 128 bureaux de vote de Lille, Lomme et Hellemmes, Arnaud Deslandes flirtait avec les 50% des suffrages tandis que sa rivale plafonnait autour de 35%.
L'avance était si nette que l'équipe municipale avait convoqué la presse au bar Le Mother, quartier général de campagne d'Arnaud Deslandes, avant même l'annonce officielle des résultats. Environ 150 militants socialistes et écologistes, accompagnés d'élus et de l'ancienne maire Martine Aubry, célébraient déjà une victoire qui ne faisait plus aucun doute.
Une victoire nette pour la coalition PS-EELV
Les résultats ont confirmé cette anticipation : avec 49,33% des voix, la liste commune PS-EELV a devancé La France insoumise de près de seize points, tandis que l'abstention se maintenait à 47,69%. Arnaud Deslandes est arrivé en héros vers 21h30, accueilli par les acclamations de ses supporters.
Sa première accolade est allée à Martine Aubry, celle qui lui avait « fait confiance il y a un an ». Au pupitre, le nouveau maire élu a déclaré : « Ce soir, c'est une nouvelle page qui s'ouvre à Lille », s'engageant à « faire gagner le progrès social et la justice écologique ». Il a toutefois reconnu la « nécessité de se rassembler », promettant d'être présent pour « toutes les Lilloises et tous les Lillois quel que soit leur vote ».
Une alliance qui a fait ses preuves malgré les tensions
Sur la même estrade, Stéphane Baly, le candidat écologiste qui s'opposait encore au PS une semaine plus tôt, affichait un large sourire. « Je sais que cette victoire est un tournant pour Lille », a-t-il assuré, insistant sur le fait qu'il n'était pas là pour faire de la figuration. « Cette cogestion de Lille est la garantie qu'un changement va avoir lieu », a-t-il martelé, soulignant l'importance de cette alliance inédite.
Un score qui dépasse celui de Martine Aubry
Avec 32.083 bulletins à son nom au second tour, Arnaud Deslandes réalise une performance remarquable qui dépasse largement celle de sa prédécesseure. En 2020, Martine Aubry avait remporté la mairie avec seulement 15.389 voix, soit 40% des suffrages exprimés. Même en 2014, lorsqu'elle avait été élue avec 52% des votes, elle n'avait recueilli que 29.125 voix, avec une abstention légèrement plus élevée qu'en cette élection de 2026.
Cette victoire confirme ainsi la résilience du Parti socialiste dans son fief historique du Nord, tout en démontrant l'efficacité des alliances avec les écologistes face à la montée des forces insoumises. La nouvelle équipe municipale devra maintenant concrétiser ses promesses de progrès social et de transition écologique dans la troisième ville de la région Hauts-de-France.



