Élections municipales en Lot-et-Garonne : les coulisses d'une campagne mouvementée
Élections municipales en Lot-et-Garonne : coulisses mouvementées

Les dessous des élections municipales en Lot-et-Garonne

La campagne électorale pour les municipales en Lot-et-Garonne a offert un spectacle politique riche en rebondissements, révélant les stratégies parfois surprenantes des candidats et les tensions qui traversent le paysage politique local.

Les soutiens inattendus et les désistements stratégiques

Dans la salle de dépouillement de la mairie d'Agen, un détail vestimentaire n'a pas échappé aux observateurs : Alain Klajman, ancien joueur professionnel du RC Lens, arborait une parka noire aux couleurs du club nordiste. Ce soutien symbolique à Jean Dionis, candidat classé deuxième dans les intentions de vote comme son ancien club en championnat, illustre les alliances parfois surprenantes qui se nouent durant cette campagne.

Le désistement de Delphine Eychenne au second tour des élections municipales du Passage a suscité de nombreuses interrogations. Au-delà des explications officielles, certaines sources suggèrent que la vice-présidente du Conseil régional aurait été incitée par le président Alain Rousset lui-même. L'enjeu serait de taille : une victoire de Francis Garcia, conjuguée à celle de Laurent Bruneau à Agen, pourrait en effet augmenter significativement les chances de la gauche de remporter la présidence de l'Agglomération.

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Les poids lourds entrent en scène

Bruno Retailleau, ancien ministre de l'Intérieur ayant marqué son passage place Beauvau, a apporté un soutien remarqué au candidat Jean Dionis à travers une vidéo de campagne. Ce soutien rappelle étrangement une affaire plus ancienne où le politicien avait été impliqué dans une sombre histoire de triche lors du jeu télévisé « Intervilles » en 1997, soufflant alors la réponse à son équipe du Puy du Fou. Une expérience qui semble l'avoir familiarisé avec les stratégies pour faire gagner son camp.

Du côté de la liste « Vivement Agen », conduite par Laurent Bruneau, c'est Alain Rousset en personne qui est venu apporter son soutien. Le président socialiste de la Région a ainsi mis de côté, le temps d'une visite, ses divergences passées avec les écologistes - dont Maryse Combres, pourtant soutien de Laurent Bruneau - ainsi que son positionnement en faveur de la LGV, projet qui ne fait pas l'unanimité au sein de l'équipe agenaise. L'objectif commun reste cependant clair : contrer Jean Dionis, avec qui Alain Rousset entretient des relations conflictuelles de longue date au sein de la Région.

Les polémiques et les maladresses

La liste d'extrême droite « Agen en action » a créé la polémique en diffusant une vidéo de trois minutes tournée sans autorisation dans l'enceinte du stade Armandie. On y voit Michael Fargue, promis au poste de premier adjoint en cas de victoire, déclamer son amour du SUA, d'Éric Ciotti et de la « vraie » droite. La direction du club a rapidement réagi, rappelant que l'établissement entendait rester au-dessus de la mêlée politique et que ses couleurs n'avaient « pas viré au bleu marine et blanc ».

Les retours et les revanches

À Saint-Georges dans le Fumélois, Maurice Lapouge a repris l'écharpe de maire qu'il avait cédée à Marie-Hélène Belleau entre 2008 et 2020. Ironie du sort, c'est précisément cette dernière qu'il a battue lors du scrutin. À Saint-Vite, Daniel Borie, maire sortant et seul candidat à sa succession, a célébré son nouveau mandat en partageant sur les réseaux sociaux un repas de chasseurs à base de palombes confites à la graisse de canard, accompagnées d'eau-de-vie de poire et de gaufres maison - une manière de signifier que certaines traditions résistent au changement politique.

Les réconciliations inattendues

À Tournon, Didier Balsac a conservé son siège de maire pour seulement trois voix. L'élu, qui avait initialement prévu de ne pas se représenter, a finalement dû remplacer Stéphane Gondal pour faire face à Patrick Mouly. L'écart serré laissait craindre un recours et une nouvelle élection, mais les deux hommes ont finalement trouvé un terrain d'entente : Patrick Mouly rejoint l'équipe municipale en tant qu'adjoint, scellant ainsi une paix des braves inattendue.

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Les règlements de comptes et les disparitions

À Villeneuve-sur-Lot, l'ancien maire socialiste Patrick Cassany n'a pas mâché ses mots concernant Thomas Bouyssonnie, à qui il impute sa défaite en 2020. Commentant les résultats de la tête de liste de gauche, il a été sans pitié : « Échec cuisant de la liste LFI-Bouyssonnie, qui est très loin de mobiliser et de rassembler les voix de gauche. Cette gauche peut certes faire perdre, mais elle ne pourra pas gagner ! »

Plus inquiétant, à Saint-Barthélemy-d'Agenais, des vestes ont été accrochées aux façades des membres de la liste battue de Guillaume Marquez après sa défaite face à Gaëtan Malange. Le candidat malheureux a décidé de porter plainte, considérant qu'il s'agissait d'une moquerie anonyme dépassant les limites acceptables d'une campagne électorale.

Enfin, Daniel Benquet, après avoir successivement soutenu Martine Calzavara à Marmande, forgé une union avec le RN, puis soutenu son ami Jean-Luc Dubourg, a purement et simplement disparu des radars entre les deux tours. Avec moins de 8% des voix recueillies par son poulain, l'influence de l'ancien maire semble s'être considérablement amoindrie, au point que Jean-Luc Dubourg lui-même laisse entendre qu'il votera pour le maire sortant socialiste Joël Hocquelet.