Le Rassemblement national confirme son implantation sur le bassin d'Arcachon
Malgré plusieurs polémiques ayant émaillé la campagne, le premier tour des élections municipales a validé l'ancrage local du Rassemblement national sur le bassin d'Arcachon. Le parti d'extrême droite remporte d'ores et déjà huit sièges d'élus municipaux et place trois de ses listes en position favorable pour le second tour, marquant une progression significative par rapport aux scrutins précédents.
Une stratégie locale qui porte ses fruits
Après des scores nationaux déjà très importants lors des élections législatives de 2024 – où Laurent Lamara avait réuni 36,86 % des voix au premier tour dans la circonscription –, le RN avait fait de la conquête de postes d'élus locaux une priorité stratégique. En 2020, le parti n'avait réussi à présenter que deux listes, à Arcachon et à La Teste-de-Buch. Cette année, huit listes ont été déposées dans les communes d'Arcachon, La Teste-de-Buch, Gujan-Mestras, Biganos, Lanton, Lège-Cap-Ferret, Le Teich, Andernos-les-Bains et même Belin-Béliet dans le Val de l'Eyre.
Comme partout en Gironde, où 55 listes ont été déposées, le RN avait mis les moyens en déployant des figures nationales du parti sur le territoire. Les députées Edwige Diaz et Hélène Laporte sont intervenues à de nombreuses reprises lors de réunions publiques à Lanton ou Biganos. Le vice-président du parti Sébastien Chenu avait également fait la promotion des candidats lors d'un passage express à Arcachon en février dernier.
Huit sièges déjà acquis et trois listes au second tour
Le pari d'entrer dans les conseils municipaux s'avère d'ores et déjà réussi puisque le Rassemblement national obtient huit sièges d'élus : deux à Arcachon, quatre à Biganos et deux au Teich. Le parti investit même le conseil communautaire de la Communauté d'agglomération du bassin d'Arcachon Nord (Coban), grâce au bon score de Neil Wattre à Biganos (25,34 %). Même Laurent Lamara, tête de liste à Arcachon, peut se satisfaire de ses 13,04 %, comparés aux 4,31 % engrangés en 2020.
Les récentes polémiques liées à des propos racistes et complotistes de certains colistiers, révélés par le journal Sud Ouest, ne semblent pas avoir refroidi les électeurs. Trois listes accèdent au second tour, une première pour le parti sur ce territoire. À l'instar de Philippe Baconnet à Andernos avec 13,89 %, Fabrice Weber se positionne à Gujan-Mestras en troisième homme de ces élections avec 14,72 %. Ne pas voir dans ces trois communes de futurs élus municipaux RN – voire communautaires – paraît donc invraisemblable.
Une dynamique électorale incontestable
« Le score est logique avec les dernières élections. Il montre que nos idées s'inscrivent localement. Et puis, nous sommes cohérents jusqu'au bout, on a encore une semaine de campagne », se satisfaisait Fabrice Weber dimanche 15 mars. À Lanton, Maxime Sauval se hisse même en deuxième position avec 23,25 % des voix et se pose en challenger de Loïc Ballongue, suppléant de la députée Renaissance Sophie Panonacle.
« Dans certaines villes, on jouera la gagne, dans d'autres, nous serons des faiseurs de rois. [...] Il y aura sans doute des alliances inédites au second tour », prophétisait Jimmy Bourlieux, délégué départemental RN, en octobre 2025. Cette prédiction semble se vérifier : Jean-Jacques Lacombe, candidat de la majorité sortante à Lanton en grande difficulté avec 22,93 %, a tenté sans succès de négocier avec son concurrent d'extrême droite. Par crainte de voir un premier maire RN sur le Bassin, la liste de Laurent Boulanger, soutenue par les partis de gauche hors-LFI, a pris les devants en se retirant du second tour au profit de Loïc Ballongue.
Sur le Bassin d'Arcachon, le RN ne se pose pas encore comme faiseur de roi, mais la dynamique du parti d'extrême droite est, elle, incontestable. L'implantation locale se consolide élection après élection, transformant progressivement le paysage politique de ce territoire girondin.



