Le Rassemblement national échoue de justesse à Saint-André-de-Cubzac
Le parti d'extrême droite a échoué à s'emparer de la ville la plus importante de Haute-Gironde, Saint-André-de-Cubzac, pour moins d'une centaine de voix. De manière générale, il n'a conquis aucune nouvelle commune lors de ce second tour des élections municipales. Le coup était proche mais a finalement raté sa cible.
Un résultat serré qui confirme l'ancrage à gauche
Pierre Le Camus, candidat du Rassemblement national, n'a pas pu concrétiser l'espoir né après le premier tour où il pointait en tête avec 1 533 voix, soit 33,59 % des suffrages exprimés. La tendance s'est inversée lors du scrutin final avec un taux de participation de 58,52 %.
Mickaël Courseaux, candidat divers gauche et successeur désigné de la maire sortante Célia Monseigne, l'emporte finalement avec 2 267 voix sur 4 994 bulletins exprimés, représentant 45,39 % des suffrages. Pierre Le Camus obtient 2 173 voix, soit 43,51 %, avec un écart infime de seulement 94 voix.
Ce résultat confirme l'ancrage à gauche de la cité cubzaguaise. Vincent Charrier, candidat divers droite, termine en troisième position avec 554 voix, soit 11,09 % des suffrages, en baisse par rapport au premier tour.
Les réactions des candidats après l'annonce des résultats
Pierre Le Camus a exprimé sa déception tout en la relativisant : « C'était ma première candidature lors de cette élection, je n'ai que 26 ans et il y en aura d'autres ». Il met en avant les sept conseillers municipaux que sa liste devrait obtenir.
De son côté, Mickaël Courseaux, plutôt tendu avant l'annonce des résultats, a pu pousser un ouf de soulagement : « Saint-André n'a pas voulu céder à des intérêts politiques nationaux. Nous gardons la main sur l'avenir de la commune », a-t-il lancé sous les acclamations de ses supporters.
Des revers pour le RN dans toute la Haute-Gironde
Ce deuxième dimanche d'élection n'a pas été favorable au Rassemblement national qui devra se résigner à ne conserver que les deux prises du premier tour, Saint-Savin et Laruscade.
À quelques kilomètres de Saint-André-de-Cubzac, à Val-de-Virvée, le candidat RN Michel-André Montoya-Laidet a également échoué face au maire sortant Christophe Martial, vainqueur avec 56,37 % des suffrages.
Le parti d'extrême droite fait également un zéro pointé dans deux autres communes où il était en course :
- À Braud-et-Saint-Louis, la candidate soutenue par le RN termine à la troisième place avec 30,62 % des voix, derrière le maire sortant Jean-Michel Rigal (33,33 %) et le vainqueur Jean-Christophe Husson (36,05 %).
- À Saint-Ciers-sur-Gironde, le poulain de la députée Edwige Diaz, Loïc Loiseau, a dû baisser les armes avec 42,81 % des voix face au gagnant Jacques Comte (57,19 %).
Analyse et perspectives pour le Rassemblement national
Le RN pourra toutefois arguer qu'il a placé un certain nombre de conseillers municipaux dans des communes, et par extension dans des communautés de communes, où il était absent auparavant. Cette implantation locale représente malgré tout une avancée pour le parti.
D'autres analystes politiques considèrent ces résultats comme un revers pour la députée Edwige Diaz, dont la popularité et l'implication personnelle dans la campagne n'ont pas suffi à faire basculer les communes visées. Plusieurs maires du Grand Cubzaguais se sont montrés soulagés par ces résultats, y voyant le signe d'une certaine stabilité politique pour la région.
Le report de voix des électeurs de Vincent Charrier vers Mickaël Courseaux semble avoir joué un rôle déterminant dans cette élection serrée, dans la logique d'un vote de barrage au Rassemblement national.



