Une victoire historique et serrée pour la gauche à Pau
Le socialiste Jérôme Marbot a remporté une victoire historique, bien que très courte, lors du second tour des élections municipales à Pau, dimanche soir. Il bat ainsi le maire sortant et ancien Premier ministre François Bayrou, mettant fin à une décennie de mandat du président du MoDem dans cette ville des Pyrénées-Atlantiques.
Un scrutin à suspense jusqu'au bout
Les résultats officiels, publiés dans la soirée, donnent Jérôme Marbot à 42,45 % des suffrages, soit 11 174 voix. Son adversaire direct, François Bayrou, obtient 41,14 %, avec 10 831 voix. La candidate du Rassemblement national, Margaux Taillefer, termine troisième avec 16,41 % et 4 319 voix.
L'écart final est extrêmement réduit : seulement 343 voix séparent le vainqueur du sortant dans cette ville de près de 80 000 habitants. « Nous avons battu François Bayrou », a déclaré avec émotion le nouveau maire élu sur France 3, évoquant « une immense fierté et surtout une immense joie ».
Un retournement de situation après le premier tour
Ce résultat constitue un véritable retournement par rapport au premier tour, où François Bayrou était arrivé en tête avec 33,83 % des voix, devant Jérôme Marbot (26,31 %) et Margaux Taillefer (16,26 %). Le président du MoDem semblait alors en position favorable, ayant fusionné sa liste avec celle du candidat sans étiquette Philippe Arraou, qui avait obtenu 6,15 % au premier tour.
À l'inverse, Jérôme Marbot n'avait pas réussi à conclure d'alliance avec les autres candidats de gauche entre les deux tours, notamment Pascal Boniface (divers gauche, 8,74 %) et Jean-François Blanco (La France Insoumise, 7,04 %). Malgré ce handicap apparent, la dynamique a finalement tourné en sa faveur.
La poussée significative du Rassemblement national
Un autre enseignement majeur de ce scrutin municipal est la progression spectaculaire du Rassemblement national à Pau. Le parti d'extrême droite a plus que doublé son score en six ans, passant de moins de 7 % aux municipales de 2020 à 16,41 % lors de ce premier tour.
Cette montée en puissance modifie le paysage politique local dans une ville qui était aux mains du Parti socialiste de 1971 à 2014, avant le premier mandat de François Bayrou. La candidate RN Margaux Taillefer a ainsi réalisé un score significatif, captant une part non négligeable de l'électorat.
Un contexte politique local bouleversé
La victoire de Jérôme Marbot, soutenu par le PS, Place publique, le Parti communiste et les Écologistes, marque donc un changement important dans l'équilibre politique palois. Elle intervient après deux mandats de François Bayrou, qui dirigeait la ville depuis 2014.
Cette élection municipale particulièrement disputée illustre les recompositions en cours au niveau local, avec une gauche qui parvient à se rassembler malgré les divisions apparentes, et une droite modérée qui perd un bastion important dans le sud-ouest de la France.
Les électeurs de Pau ont ainsi choisi de tourner la page après dix ans de mandat bayrouiste, optant pour une alternance de gauche dans un contexte de forte participation et de résultats extrêmement serrés. La gestion de cette courte majorité constituera le premier défi du nouveau maire socialiste.



