Hollande et Cazeneuve : la gauche non-mélenchoniste en ordre de marche pour 2027
Hollande et Cazeneuve : la gauche non-mélenchoniste pour 2027

L'ancien président socialiste François Hollande et son ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve se préparent pour l'élection présidentielle de 2027. Leurs proches, les maires de Libourne et de La Rochelle, Philippe Buisson et Olivier Falorni, y voient une opportunité pour la gauche de gouvernement.

Une gauche non-mélenchoniste en ordre de marche

François Hollande se « prépare » pour 2027, et Bernard Cazeneuve est « prêt » à se présenter, comme il l'a affirmé au Figaro mardi. En quelques jours, ces deux représentants de la social-démocratie sont sortis du bois, rejoignant une longue liste de candidats potentiels à gauche. À un an de l'échéance, l'heure est plus à l'embouteillage qu'à l'écrémage. Parmi les prétendants, on compte Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Clémentine Autain, François Ruffin, Olivier Faure, Boris Vallaud, Jérôme Guedj, Yannick Jadot, Fabien Roussel et Manuel Valls. Si la question d'une primaire les divise, leur dénominateur commun reste le refus de s'allier à Jean-Luc Mélenchon.

L'ambition partagée par Hollande et Cazeneuve

C'est d'ailleurs l'ambition que partagent François Hollande et Bernard Cazeneuve : incarner cette gauche non-mélenchoniste, la gauche de gouvernement, bien que celle-ci soit aujourd'hui éparpillée.

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Le soutien des maires de Libourne et La Rochelle

Dans notre région, deux élus connaissent bien les deux anciens locataires de l'Élysée et de Matignon : Philippe Buisson, maire de Libourne, et Olivier Falorni, maire de La Rochelle. « Que François Hollande et Bernard Cazeneuve aient décidé d'éclairer le débat est une bonne nouvelle, souligne Philippe Buisson. Ils représentent le barycentre de la gauche de gouvernement. C'est toujours le centre gauche qui gagne. Je me félicite que tous les deux fassent chauffer les pneus… »

Le bilan de Hollande réhabilité selon Buisson

S'il échange « beaucoup » avec François Hollande, Philippe Buisson estime que l'ancien président peut incarner une alternative crédible : « Son bilan est en train d'être réhabilité : les accords de Paris sur l'environnement ont été signés durant son quinquennat, il a tenu tête à Poutine, les comptes de la nation étaient plus sains qu'aujourd'hui et si le chômage a baissé trois mois après son départ, sa politique y a largement contribué. » « Dans l'époque que nous vivons, plus belliqueuse, avec une Europe menacée, poursuit-il, il y a de la place pour un candidat qui rassure car la personne qui sera élue en 2027 aura face à elle des temps troublés. »

Falorni : Cazeneuve incarne le gaullisme de gauche

S'il a longtemps côtoyé François Hollande, Olivier Falorni est aujourd'hui dans le premier cercle de Bernard Cazeneuve avec qui il partage le fait de ne plus être membre du PS. Bernard Cazeneuve a rompu en 2022, après l'accord avec LFI qui a permis l'émergence de la Nupes. Pour Olivier Falorni, la rupture est plus lointaine, remontant à son exclusion en 2012 après son refus de s'effacer derrière le parachutage raté de Ségolène Royal aux législatives de La Rochelle.

Deux attitudes différentes vis-à-vis de LFI

« François Hollande et Bernard Cazeneuve ne sont pas seulement deux personnalités différentes, ils représentent deux attitudes différentes, observe-t-il. En particulier à l'égard de LFI. » Si François Hollande a été très critique contre la Nupes en 2022, deux ans plus tard, après la dissolution de 2024, il a été réélu député de Corrèze dans le cadre du NFP, auquel était associé LFI : « Bernard Cazeneuve, lui, est resté clair sur sa ligne », retient Olivier Falorni. De fait, l'ancien Premier ministre n'a pas plus approuvé la Nupes que le NFP.

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Un candidat unique à trouver

Le maire de La Rochelle le revendique : « Je me reconnais en Bernard Cazeneuve. Il incarne ce que j'appelle le gaullisme de gauche, c'est-à-dire fort sur le régalien et affirmé sur le social. Bernard Cazeneuve n'est pas un socialiste classique. Certes, il est européen, mais il est attaché à la souveraineté, sans complaisance sur la laïcité et sans faiblesse sur la sécurité. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent que Hollande, Cazeneuve et Glucksmann sont les mêmes. » En revanche, comme Philippe Buisson, il estime qu'à la fin, seul l'un des trois pourra être le candidat de la gauche non-mélenchoniste. « Je souhaite que Cazeneuve soit désormais testé dans les sondages, comme Glucksmann et Hollande pour que début janvier, au plus tard, le mieux placé opère le ralliement autour de lui. » Mais pour cela, il faudra d'abord que l'ancien Premier ministre se décide à revenir dans l'arène. Depuis 2017, s'il a bien envoyé des ballons-sondes, il est surtout resté sur son Aventin.