Yohann Giacometti, 33 ans, conquiert Carbon-Blanc face à l'écologiste sortant
Giacometti, 33 ans, élu maire de Carbon-Blanc face à l'écologiste

Yohann Giacometti s'empare de la mairie de Carbon-Blanc avec une large avance

À seulement 33 ans, Yohann Giacometti vient de réaliser un coup de force électoral en s'emparant de la mairie de Carbon-Blanc, une commune métropolitaine qui fut longtemps un bastion socialiste. Ce dimanche 15 mars, le jeune challenger de tendance droite modérée a devancé de manière très confortable le maire sortant écologiste Patrick Labesse, avec près de 15% d'avance sur les suffrages exprimés.

Un destin politique qui se réalise

Lorsqu'on l'appelle « monsieur le maire » devant le café du lundi matin, Yohann Giacometti avoue que cela ne le bouleverse pas tant que ça. Celui qui s'est toujours rêvé un destin politique et qui fut inlassablement délégué de classe durant ses jeunes années, révèle une anecdote significative : « Un jour, Philippe Madrelle m'a dit : 'Tu seras maire de Carbon-Blanc.' » L'ancien président du conseil départemental, figure socialiste locale, semblait ainsi suggérer une paternité politique.

Le parcours de Giacometti vers la mairie a été progressif mais accéléré ces derniers mois. Après avoir envisagé de candidater en 2014 à un peu plus de 20 ans, il a accompagné Alain Turby en 2020 avant d'entrer au conseil municipal il y a cinq ans. Tout s'est précipité à partir de septembre dernier : il s'est lancé dans la course, a peaufiné sa liste en décembre et l'a officiellement annoncée en février.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une victoire qui marque un basculement politique

Cette élection représente un véritable basculement pour Carbon-Blanc, commune de plus de 8 000 habitants. Yohann Giacometti ravit non seulement la mairie à un écologiste, mais s'empare surtout d'un ancien fief socialiste, celui de Philippe Madrelle. Le jeune élu, qui fut un temps encarté chez Les Républicains, incarne ainsi une nouvelle donne politique locale.

La victoire a été saluée par de nombreuses personnalités, dont la sénatrice Nathalie Delattre et plusieurs maires des environs, y compris socialistes, qui l'ont félicité dimanche soir pour sa brillante performance électorale.

Un programme pragmatique et des projets concrets

Yohann Giacometti se présente comme un homme de terrain qui veut « rester terre à terre » et « être au contact du réel ». L'enseignant formateur en génie civil, qui compte poursuivre son métier tout en aménageant ses horaires « au moins jusqu'à la fin de l'année scolaire », insiste sur sa volonté de ne pas « vendre du rêve ou un catalogue de promesses ».

Pourtant, il a déjà des projets bien concrets :

  • Réaliser un état des lieux complet de la situation municipale
  • Élaborer une feuille de route pour les cent premiers jours de son mandat
  • Remettre l'éclairage public la nuit dès début avril
  • Revenir sur la création d'une Zone d'aménagement différé
  • Créer de nouvelles aires de jeux disséminées dans toute la ville

« Un projet que je veux mener assez rapidement », confie-t-il à propos des aires de jeux, pour lesquelles il a même déjà lancé des devis de chiffrage.

Une approche collaborative et ouverte

Le nouveau maire entend travailler avec une équipe ouverte, comprenant « beaucoup de gens de gauche », et se dit favorable à une cogestion au sein de la Métropole où il siégera avec la droite. Tout en reconnaissant être « dans l'euphorie » et pas encore totalement dans son costume de maire, il affirme vouloir marquer l'évolution de la Ville de son « empreinte ».

Son ambition : que « Carbon-Blanc revienne dans le jeu ». Il explique : « Il y a quelques années, notre commune partait pour devenir Le Bouscat et on regardait des villes comme Bassens du coin de l'œil. Aujourd'hui, c'est tout l'inverse. »

Ce vendredi soir, Yohann Giacometti sera officiellement investi à la tête du nouveau conseil municipal, mais comme il le reconnaît lui-même : « En fait, cela fait six mois que je me suis mis en mode maire. » Une période pendant laquelle il a voulu « comprendre le quotidien des gens, prendre mes marques, gérer de possibles litiges » avant même d'être élu.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale