Jean-René Etchegaray réélu maire de Bayonne malgré une triangulaire tendue
Etchegaray réélu maire de Bayonne face à gauche et extrême droite

Triangulaire historique à Bayonne : le centriste Etchegaray conserve la mairie

Dans une ambiance électrique, Jean-René Etchegaray a été réélu maire de Bayonne pour la troisième fois consécutive, au terme d'une triangulaire particulièrement serrée qui a tenu la ville en haleine jusqu'au dernier moment. Le candidat centriste, visiblement ému, a fait son entrée triomphale dans le salon d'honneur de la mairie peu après 20h15, alors que ses partisans scandaient encore son prénom avec ferveur.

Une victoire nette malgré les pronostics

Contre toute attente, Jean-René Etchegaray l'emporte avec une majorité absolue de 50,70% des suffrages, devançant nettement son principal adversaire Jean-Claude Iriart, candidat de la gauche rassemblée, qui obtient 41,01%. Le troisième homme, Pascal Lesellier du Rassemblement national, termine avec 8,29% des voix, suffisamment pour faire son entrée au conseil municipal - une première historique pour l'extrême droite dans la cité basque.

« J'ai eu chaud ! » a confié le maire réélu, reconnaissant la difficulté du scrutin. « Les électeurs n'ont pas compris cette fusion de la gauche. Beaucoup ont préféré la stabilité à un saut vers une sorte d'inconnue », a-t-il analysé, soulignant le succès du discours sur le vote utile qui a visiblement fonctionné en sa faveur.

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L'échec cuisant de la gauche unie

La défaite de la gauche rassemblée est d'autant plus amère qu'elle semblait pourtant en position de force après le premier tour. Les différentes formations de gauche - Parti socialiste, Les Verts, EH Bai, Génération écologie, Place publique, Nouveau parti anticapitaliste et Génération-s - avaient réussi l'exploit de s'unir entre les deux tours, là où elles avaient échoué en 2014 et 2020.

Pourtant, malgré cette union historique et le soutien d'Henri Etcheto, l'ancien maire socialiste de Bayonne, la liste Rassemblés pour Bayonne perd 1 001 voix par rapport au premier tour et 1 153 voix comparé au second tour de 2014. L'écart avec le maire sortant s'élève finalement à 1 886 votes.

« La déception est énorme. Une victoire à la majorité absolue, dans un contexte de triangulaire... Que dire de plus », a déploré Henri Etcheto, visiblement amer, avant de quitter rapidement les lieux. Jean-Claude Iriart, pour sa part, a reconnu l'échec : « Nous avions, à l'issue du premier tour, fait les choix qu'il fallait. La majorité des Bayonnais n'en ont pas voulu. Dont acte ».

Un socle électoral solide pour le maire sortant

La victoire de Jean-René Etchegaray démontre la solidité de son ancrage dans l'électorat bayonnais. Au premier tour, il capitalisait déjà 8 026 voix, un chiffre équivalent au cumul de ses voix et de celles de Sylvie Durruty (LR) en 2014. Le 22 mars, il a réussi à agréger 1 850 voix supplémentaires, prouvant qu'il ne subit pas l'usure du pouvoir après deux mandats.

Cette performance est d'autant plus remarquable que la triangulaire semblait inextricable après le premier tour. Les formations de gauche, plus celle de La France insoumise (éliminée avec 3,81% des suffrages), cumulaient alors 8 991 voix (47%), soit 965 bulletins de plus que la liste de Jean-René Etchegaray (42,11%).

L'entrée historique de l'extrême droite

Si Pascal Lesellier perd 428 voix par rapport au premier tour, son score de 8,29% lui permet de faire son entrée au conseil municipal de Bayonne, marquant une première dans l'histoire politique de la ville. « Le discours sur le vote 'utile' a fonctionné », a constaté le candidat du Rassemblement national, reconnaissant que cette dynamique a probablement profité au maire sortant.

Les larmes de certains colistiers de la liste Rassemblés pour Bayonne à l'annonce des résultats contrastent avec le sourire satisfait de Jean-René Etchegaray. Le maire réélu peut désormais envisager sereinement son troisième mandat, fort d'une légitimité renouvelée et d'un socle électoral qui s'est même élargi malgré le contexte politique national tendu.

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Cette élection municipale bayonnaise confirme plusieurs tendances : la difficulté de la gauche à convaincre même unie, la résistance du centre dans certaines villes, et la progression continue de l'extrême droite qui parvient désormais à s'implanter dans des territoires où elle était jusqu'alors absente des institutions locales.