Une longue attente pour les soutiens de la gauche à Saintes
Le dimanche 22 mars, l'attente a été interminable sous le hall Mendès-France pour les partisans de Ludovic Norigeon, candidat de l'union de la gauche. Le sort était déjà scellé depuis longtemps, avec une défaite anticipée. À la place des résultats espérés, seules des plaques d'immatriculation de voitures mal garées rappelaient l'ambiance tendue de cette soirée électorale.
Les chiffres d'une défaite annoncée
Avec 44,81 % des suffrages exprimés, Ludovic Norigeon, tête de liste de Saintes Demain, est largement distancé par le maire sortant Bruno Drapron (Horizons), qui remporte 55,19 % des voix. Ce duel a marqué la fin d'une campagne intense, où la gauche a tenté de se rassembler face à un adversaire bien implanté.
Réactions des acteurs politiques locaux
Ludovic Norigeon, candidat de Saintes Demain, exprime sa déception tout en respectant le verdict des urnes. « Je suis un démocrate, je respecte le choix des électeurs même si je reste un opposant. Je suis triste, je ne pense pas que ce soit le bon choix pour Saintes », déclare-t-il, critiquant la campagne de Bruno Drapron qu'il juge basée sur la propagande.
Jean Rouger, ancien maire PS de Saintes (2008-2014), salue le score de Norigeon malgré les difficultés. « Dans les conditions dans lesquelles il a fait campagne, avec au départ une forme d'indifférence de la gauche, Ludovic Norigeon a fait un bon score. C'est un signe encourageant pour rassembler les sensibilités de gauche », affirme-t-il, pointant du doigt la confusion créée par les autres listes.
Pierre Maudoux, élu d'opposition de 2020 à 2026, analyse la logique de la défaite. « J'étais en soutien au candidat Norigeon mais il y a une certaine logique après le très bon score de Bruno Drapron au premier tour, plus de 40 %. Plein de gens les ont vus au travail pendant les inondations. Ils se sont montrés, ils ont fait un beau travail de communication », explique-t-il, soulignant l'image positive du maire sortant.
Jean-Luc Marchais, cosecrétaire du PS de Saintonge, mêle déception et satisfaction. « Il y a deux aspects. La déception : quand on se lance dans une campagne, c'est pour gagner. Mais il y a aussi la satisfaction malgré tout car on a fait une très belle campagne, avec un large rassemblement », indique-t-il, évoquant les décisions stratégiques des autres listes.
Stéphane Trifiletti, élu régional Les Écologistes, exprime un mélange d'espoir et de déception. « C'est une déception et un espoir. Une déception car on n'a pas réussi à cranter la victoire. Il faut faire plus de politique. Ce n'est pas une grande victoire de Bruno Drapron même si je le félicite de manière républicaine », conclut-il, appelant au respect de l'opposition.
Contexte et perspectives
Cette élection municipale à Saintes a mis en lumière les divisions de la gauche et la force de Bruno Drapron, qui a su capitaliser sur son action pendant les inondations. Les réactions montrent une gauche déçue mais déterminée à se reconstruire, avec l'espoir de mieux se structurer pour les prochains scrutins. Les électeurs ont tranché, mais le débat politique reste vif dans la ville.



