Denis Bertolaso, le médecin de 71 ans élu maire de Tonneins après une campagne discrète
Denis Bertolaso, médecin de 71 ans élu maire de Tonneins

L'émergence surprise d'un médecin de 71 ans à la mairie de Tonneins

Dimanche soir a marqué l'ascension politique inattendue de Denis Bertolaso. Ce septuagénaire de 71 ans, figure locale jusqu'alors en retrait de la vie publique, a été élu maire de Tonneins avec un peu plus de 50% des voix. Un score que beaucoup interprètent comme un véritable plébiscite pour ce médecin généraliste qui exerce dans la Cité des tabacs depuis plus de quarante ans.

Un sondage précurseur et des dénégations initiales

Le 27 juin 2025, des Tonneinquais recevaient un message pour le moins inhabituel : « Pour quel maire seriez-vous prêt à voter dans le cadre des élections municipales 2026 à Tonneins ? » Ce sondage informel semblait n'avoir qu'un seul objectif : tester la popularité du nom de Denis Bertolaso. L'intéressé avait alors nié être candidat ou même envisager une telle démarche. Pourtant, personne ne fut véritablement surpris lorsque le médecin annonça officiellement sa candidature quatre mois plus tard.

Un parcours marqué par la modestie et le service

Denis Bertolaso incarne le parcours d'un homme ancré dans son territoire. Fils d'une Ariégeoise et d'un immigré italien de la région de Padoue, il grandit dans une famille d'agriculteurs modestes cultivant tabac et maïs sur 8 hectares. « C'est un pur produit de l'école républicaine », souligne Jonathan Biteau, son futur adjoint aux finances, qui l'a poussé à se lancer en politique dès 2024.

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Le médecin, qui vit toujours sur les terres familiales avec ses livres de La Pléiade, ses animaux et le souvenir de Flaubert, a gravi les échelons sociaux grâce à ses études financées par Santé Navale à Bordeaux. Diplômé, il s'installe à Tonneins en 1985 : « Je ne me voyais pas ailleurs », confie-t-il.

Un médecin « à l'ancienne » au service de sa ville

Denis Bertolaso a rapidement intégré les sapeurs-pompiers locaux, appréciant l'esprit de camaraderie et l'adrénaline du métier. Pendant trente ans, il fut également médecin régulateur du Samu, croisant souvent l'ancien maire Jean-Pierre Moga sur des drames routiers. « J'ai toujours pensé qu'il pourrait faire un très bon maire », témoigne ce dernier.

Le praticien est décrit comme un médecin « à l'ancienne », recevant plus de 80 patients par jour, parfois à domicile, et donnant son numéro de portable à presque tous ses patients. « Il offre un sentiment de réconfort aux personnes âgées », note Hélène Chastier, sa future première adjointe.

Une campagne discrète et consensuelle

Contrairement à ses concurrents Dany Titonel et Jérémie Bespéa qui se sont écharpés sur les réseaux sociaux, Denis Bertolaso a mené une campagne extrêmement discrète. « Pendant la campagne, il avait un leitmotiv : pas un mot contre les adversaires », rapporte un proche. Cette discipline, associée à son « imperturbabilité », a certainement contribué à son succès.

Accusé par certains de n'avoir fait campagne que dans son cabinet, le médecin a su rester au-dessus des polémiques. Son équipe analyse que les Tonneinquais ont voté pour cette personnalité « consensuelle » qui se décrit elle-même comme « centriste, libérale, à la sensibilité sociale ».

Les défis d'un édile novice

Le nouveau maire, qui a cofondé la Maison de santé pluridisciplinaire en 2015, a été aux premières loges de la désertification médicale et de la paupérisation de la population. Ces enjeux figureront certainement au cœur de son mandat. À 71 ans, ce grand novice en politique troque désormais son stéthoscope contre l'écharpe tricolore, portant les espoirs d'une ville qui l'a vu naître et qu'il sert depuis des décennies.

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