Un débat municipal serré à Biarritz révèle les lignes de fracture
Ce mardi 24 février, les six candidats à la mairie de Biarritz se sont affrontés lors d'un débat organisé par Sud Ouest, TVPI et Public Sénat. Un exercice millimétré de 52 minutes qui a permis d'affiner les positions sur les grands sujets de campagne, malgré un format particulièrement contraint.
Un plateau réduit à six candidats
Initialement sept, les candidats n'étaient plus que six suite au retrait de Michel Fournier du Rassemblement national, qui a rejoint la liste sans étiquette de Richard Tardits. Sous la houlette des journalistes Jefferson Desport pour Sud Ouest et Steve Jourdin pour Public Sénat, les prétendants au fauteuil de maire ont débattu de trois thèmes majeurs : le logement avec l'épineuse question de la plaine sportive d'Aguilera, la gestion de l'hôtel du Palais et celle du Biarritz Olympique.
Des performances contrastées parmi les favoris
Les deux candidats donnés favoris n'ont pas nécessairement brillé lors de cet exercice. La maire sortante Maider Arosteguy, pourtant rompue à l'exercice, est restée à l'aise mais s'est davantage appuyée sur ses notes qu'à l'accoutumée. Serge Blanco, de son côté, a souvent cherché ses mots, livrant des réponses plus hésitantes et imprécises.
En revanche, d'autres candidats ont tiré leur épingle du jeu :
- Guillaume Barucq s'est montré à l'aise dans ce format contraint
- Jean-Baptiste Dussaussois a marqué des points par sa précision et sa capacité à la contradiction
- Ana Ezcurra s'est distinguée par un discours clair et offensif
- Richard Tardits s'est montré plus incisif qu'à son habitude, particulièrement sur l'économie du sport
Le logement, sujet de discorde majeur
La question du logement des Biarrots s'est télescopée avec celle de l'avenir de la plaine sportive d'Aguilera. Maider Arosteguy porte un projet de 250 logements dont 60% de social, affirmant vouloir « consacrer la quasi-totalité de la plaine sportive au sport, sauf 8% dédiés au logement ».
Un chiffre vivement contesté par Serge Blanco, qui reproche à la candidate d'ajouter au fil de la campagne de nouvelles installations à son projet et s'interroge sur la faisabilité de 250 logements sur une telle emprise.
Les concurrents de la maire sortante s'opposent en bloc à la densification urbaine. Avec seulement 11% de logements sociaux, Biarritz est très loin de l'objectif de 25% fixé par la loi SRU. Presque tous les candidats estiment ce chiffre inatteignable, faute de réserves foncières suffisantes.
Ana Ezcurra se distingue sur ce point en citant l'exemple de Bidart, passé de 8 à 23% de logements sociaux en 15 ans, et en évoquant les possibilités offertes par l'Établissement public foncier local.
L'hôtel du Palais : complexité et nécessité de transparence
S'il est un point d'accord entre les six candidats, c'est la nécessité d'interroger les Biarrots sur la gestion, voire la vente, de l'hôtel du Palais. Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde a apporté un éclairage pédagogique sur la gestion complexe de l'établissement :
- La mairie possède les murs
- Le fonds de commerce est confié à la Socomix (dont Biarritz détient 55%)
- L'exploitation est assurée par le groupe Hyatt
« Le résultat d'exploitation 2024 est négatif : -1,3 million d'euros », déplore-t-il. Guillaume Barucq souligne quant à lui que « depuis 2020, près de 25 millions d'euros ont été investis par la Ville dans ses travaux ».
Premières mesures annoncées
Pour clore le débat, chaque candidat a dévoilé sa première décision après l'élection :
- Maider Arosteguy : vote du budget fin avril
- Guillaume Barucq : réouverture des douches de plage à minuit
- Serge Blanco : réhabilitation de la plaine sportive d'Aguilera
- Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde : places de stationnement réservées aux Biarrots avec 2h30 gratuites
- Ana Ezcurra : conseil municipal dans un grand lieu public
- Richard Tardits : référendum sur l'avenir de l'hôtel du Palais dans les 45 jours
Ce débat, bien que court, a permis de voir la campagne entrer dans le vif du sujet. Les positions se précisent, les lignes politiques et idéologiques se définissent, et les Biarrots disposent désormais d'éléments plus concrets pour faire leur choix.



