Débat des municipales à Bordeaux : Hurmic sous le feu des critiques, l'écologie consensuelle
Débat des municipales à Bordeaux : Hurmic sous le feu des critiques

Un débat animé à Bordeaux à dix-sept jours du premier tour des municipales

Ce jeudi 26 février, la Halle des Douves, présentée comme un laboratoire d'innovation sociale et culturelle, a accueilli le premier grand débat télévisé de la campagne des municipales à Bordeaux. Sept principaux candidats se sont affrontés pendant près de deux heures, dans un contexte politique tendu à moins de trois semaines du scrutin.

Les positions révélées par le sondage Ifop-Fiducial

Selon le sondage Ifop-Fiducial pour Sud Ouest, Sud Radio et LCI, le maire sortant écologiste Pierre Hurmic arrive en tête avec 33% des intentions de vote. Il devance son principal challenger de centre droit, Thomas Cazenave, crédité de 25%. L'économiste Philippe Dessertine suit avec 15%, tandis que l'insoumis Nordine Raymond obtient 12%. Ces quatre candidats sont considérés comme les seuls susceptibles de se maintenir au second tour.

Le débat organisé par Sud Ouest et TV7 a également réuni les deux candidates d'extrême droite, Julie Rechagneux (Rassemblement National) et Virginie Bonthoux Tournay (Reconquête), ainsi que Philippe Poutou, candidat de la liste Bordeaux Rouge anticapitaliste.

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Pierre Hurmic transformé en punching-ball

Le maire sortant Pierre Hurmic a été la cible privilégiée des attaques durant l'ensemble du débat. Philippe Poutou l'a critiqué pour son manque de radicalité à gauche, tandis que Julie Rechagneux lui a reproché d'avoir saccagé Bordeaux. Thomas Cazenave l'a accusé de mentir sur les chiffres de la délinquance, et Philippe Dessertine a dénoncé sa politique du logement qui aurait bloqué le parcours résidentiel et produit des quartiers pas beaux.

Face à ces assauts, Pierre Hurmic s'est défendu en interpellant ses adversaires : Toutes les solutions sont attaquées, mais que proposez-vous ?

Nordine Raymond, l'électeur libre

Avec ses 12% d'intentions de vote, Nordine Raymond détient potentiellement les clés du second tour. Le candidat insoumis s'est montré moins sévère que les autres avec Pierre Hurmic, tout en marquant ses différences. Il a notamment critiqué les 13 millions d'euros consacrés à la requalification des allées de Tourny, soulignant qu'aux Aubiers, tout le monde rêve d'avoir un jardin.

Raymond a reproché au maire sortant de courir après Cazenave sur la sécurité et louper ce sujet capital de l'écologie. Cependant, il s'est également aligné sur certaines positions de la majorité municipale, dénonçant l'impact des économies décidées par l'État sur la délinquance à Bordeaux.

L'écologie, un thème devenu consensuel

Contrairement aux précédentes élections, l'écologie n'apparaît plus comme un sujet exclusif mais fait consensus parmi la plupart des candidats. Tous s'accordent sur la nécessité de planter des arbres, avec des nuances dans les approches.

Philippe Dessertine appelle à une vraie approche écolo avec un travail sur l'isolation thermique des écoles et une meilleure gestion de l'eau. Pierre Hurmic revendique un doublement du patrimoine végétal depuis 2020 et propose la création de sept nouveaux parcs.

Seule l'extrême droite semble plus réservée. Virginie Bonthoux Tournay déplore qu'on dépense des millions d'euros pour casser des trottoirs, tandis que Julie Rechagneux estime que le Parc bordelais a été défiguré.

La place de la voiture, sujet clivant

Si l'écologie fait consensus, la place de l'automobile en ville divise profondément les candidats. Julie Rechagneux a accusé Pierre Hurmic d'avoir créé une ville forteresse et ressorti le vieux projet de contournement autoroutier de l'agglomération par l'est.

Philippe Dessertine a immédiatement répliqué en qualifiant ce projet d'absolument impossible financièrement. Il propose plutôt une réfection des trottoirs, un soutien aux vélos et un énorme investissement pour rénover les transports en commun.

Thomas Cazenave plaide pour un moratoire sur la piétonnisation et la suppression des places de stationnement, critiquant la méthode trop brutale et sans concertation du maire sortant.

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Philippe Poutou, le showman du débat

Philippe Poutou a marqué le débat par son style punchy et ses prises de position radicales. Dès le début, il a refusé la photo de famille pré-débat en déclarant : C'est pas ma famille.

Vêtu d'un tee-shirt Bordeaux ville antifasciste, il a systématiquement contesté l'ordre établi. Sur la sécurité, il a dénoncé la surenchère sécuritaire et souligné les contradictions entre les moyens alloués à la police et ceux consacrés aux écoles.

Crédité de 5% des intentions de vote, le candidat anticapitaliste a fait une offre d'alliance à La France Insoumise, tout en excluant tout rapprochement avec Pierre Hurmic.

Ce débat a confirmé les lignes de fracture de la campagne bordelaise, avec un maire sortant sous pression et des thèmes comme l'écologie et la mobilité qui structurent les oppositions. Les Bordelais devront trancher dans dix-sept jours, lors du premier tour des élections municipales.