Danemark : les sociaux-démocrates en tête mais affaiblis, l'extrême droite progresse
Danemark : les sociaux-démocrates en tête mais affaiblis

Danemark : les sociaux-démocrates en tête mais historiquement affaiblis

Les élections législatives danoises ont placé les sociaux-démocrates en tête des suffrages, mais avec un net recul par rapport aux précédents scrutins. Selon le sondage de la télévision publique DR, la formation politique dirigée par Mette Frederiksen n'obtiendrait que 19,2% des voix, ce qui constituerait son plus bas niveau électoral depuis l'année 1901. Ce score marque une chute significative par rapport aux 27,5% enregistrés lors des élections de 2022.

Un résultat mitigé pour la gauche danoise

Simon Eriksen, un militant âgé de 31 ans, a réagi avec un mélange de prudence et d'espoir : « Ce n'est pas vraiment bon mais c'était aussi vraiment mauvais en 2022, et les résultats ont fini par être bien meilleurs, j'espère que ce sera à nouveau le cas ce soir ». Malgré cette première place, les sociaux-démocrates ne parviennent pas à atteindre la majorité absolue, même en s'alliant avec les autres formations de gauche.

Le bloc de gauche, qui rassemble la formation de Frederiksen et les autres partis de gauche, n'obtiendrait pas la majorité des 179 sièges du Parlement danois. Les projections des chaînes DR et TV2, publiées à la fermeture des bureaux de vote, lui attribuent entre 83 et 86 sièges seulement.

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La montée de l'extrême droite et le rôle pivot des Modérés

Face à cette gauche affaiblie, la droite et l'extrême droite rassembleraient quant à elles entre 75 et 78 sièges, selon ces mêmes enquêtes. Cette progression significative de l'extrême droite modifie considérablement l'équilibre politique du pays scandinave.

Dans ce contexte, les Modérés, un parti du centre, apparaissent comme le « faiseur de roi » de cette élection. Les sondages leur accordent 8,2% des voix, ce qui se traduirait par 14 sièges au Parlement. Ce positionnement est d'autant plus crucial que Mette Frederiksen dirigeait depuis 2022 un gouvernement de coalition inhabituel, constitué des sociaux-démocrates, des libéraux de Venstre (droite) et justement des Modérés.

Mette Frederiksen, une figure rassembleuse dans un contexte d'incertitude

Mette Frederiksen, qui dirige le gouvernement danois depuis 2019, est généralement reconnue pour son leadership. Elisabet Svane, analyste politique du quotidien Politiken, soulignait avant le scrutin : « Elle est une figure qui rassemble dans un monde plein d'insécurité, et les Danois sont anxieux, il y a le Groenland, l'Ukraine, les drones » qui ont survolé le pays scandinave.

Cette capacité à unir semble cependant mise à mal par les résultats électoraux. Ole Waever, professeur de sciences politiques à l'Université de Copenhague, ajoute une perspective institutionnelle : « Il est compliqué d'imaginer un gouvernement de droite, parce qu'il devrait rassembler très largement de l'extrême droite aux partis plus centristes, qui ne sont pas en très bons termes avec l'extrême droite ».

Les élections législatives danoises révèlent ainsi une fragmentation politique accrue, avec une gauche historiquement faible, une extrême droite en progression, et un centre qui détient désormais les clés de la formation du prochain gouvernement. La capacité de Mette Frederiksen à négocier des alliances stables sera déterminante pour l'avenir politique du Danemark.

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