Ségalas : un candidat à la mairie radié des listes électorales, le tribunal statue jeudi
Candidat radié à Ségalas, le tribunal décide jeudi

Un candidat à la mairie radié des listes électorales à Ségalas

Dans le petit village de Ségalas, à peine 190 habitants dans le nord du Lot-et-Garonne, une situation électorale insolite fait grand bruit. Gilles Guérin, tête de liste de Ségalas pour tous, se retrouve radié des listes électorales de la commune alors qu'il brigue le poste de maire. Le septuagénaire a saisi le tribunal de proximité de Marmande pour contester cette décision, avec une audience qui s'est tenue ce mardi 3 mars et un verdict attendu pour jeudi.

Une inscription invalidée par la mairie

Gilles Guérin s'était inscrit sur les listes électorales de Ségalas fin janvier, dans la perspective des élections municipales. Mais le 20 février, la commission de révision des listes électorales de la mairie a invalidé son inscription, au motif qu'il n'aurait pas suffisamment d'attaches avec la commune. Le candidat dénonce une commission partiale, car parmi ses membres figurent son adversaire Aymeric Guézet, tête de liste Ensemble pour Ségalas, ainsi que la mère de ce dernier, tous deux issus de la majorité sortante.

Les arguments du candidat contestataire

Pour justifier son ancrage local, Gilles Guérin avance plusieurs éléments :

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  • Il loge sur la commune, dans une propriété qu'il a donnée à son fils
  • Il dispose d'un abonnement pour l'eau
  • Il s'est installé dans la demeure grand-paternelle depuis juin dernier
  • Il continue de soigner les moutons et tailler le prunier sur les terres de son fils

Le retraité reconnaît cependant s'être installé à Ségalas pour préparer les élections, tout en invoquant une histoire familiale ancienne dans la commune.

Un paradoxe électoral

La situation présente un paradoxe saisissant : la liste de Gilles Guérin a été validée pour les élections, mais le candidat lui-même pourrait ne pas pouvoir voter ni être élu. Jusqu'à présent, il était inscrit sur les listes du village voisin de Sérignac-Péboudou, où son fils Guillaume est candidat et où il a été élu de 2008 à 2020. Mais il en a été radié, ce qui signifie que si le juge confirme sa radiation à Ségalas, il ne pourra voter nulle part.

Les réactions des protagonistes

Gilles Guérin dénonce une négation de ses droits fondamentaux et une atteinte à la démocratie. De son côté, Aymeric Guézet, son adversaire, déclare : C'est au juge de trancher, les urnes parleront ensuite. Les relations entre les deux têtes de liste sont tendues, le dernier échange n'ayant pas été respectueux selon Guérin.

Annick Callewaert, ancienne secrétaire de mairie et premier édile de Ségalas depuis dix-huit ans sans opposition, témoigne que c'est du jamais vu. Elle défend la probité de la commission de révision des listes, dont les membres ont été nommés depuis trois ans.

Des conséquences potentielles sur le scrutin

Le bulletin Ségalas pour tous sera bien présent le 15 mars. Mais Gilles Guérin prévient : Si c'est ma liste qui est élue, mes concurrents pourront faire réclamation et on devra revoter. Le candidat mentionne également que trois autres administrés de Ségalas de nationalité roumaine, membres de la famille d'une de ses colistières, ont vu leur inscription rejetée. Il souhaite que leur affaire soit également portée devant le tribunal.

L'enjeu est donc double : la légitimité électorale d'un candidat et la validation d'une liste qui pourrait remporter les élections sans que son chef de file ne puisse exercer le mandat. Le tribunal de Marmande rendra sa décision jeudi, dans une affaire qui dépasse le simple cas personnel pour toucher aux principes mêmes de la représentation démocratique locale.

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