Bruges : une triangulaire serrée après le premier tour des municipales
Frédéric Giro, candidat de la majorité de gauche et premier adjoint de la maire sortante Brigitte Terraza, a obtenu 41,3% des suffrages lors du premier tour des élections municipales à Bruges. Bien qu'en tête, son avance n'est pas confortable et laisse la porte ouverte à une triangulaire incertaine pour le second tour.
Des négociations d'alliance qui tournent court
La situation aurait pu être radicalement différente si une alliance s'était concrétisée entre les deux principaux adversaires de Frédéric Giro. Fabienne Dumas, arrivée en deuxième position avec 32,5% des voix (2 537 suffrages) et soutenue par le groupe Métropole Commune(s), et Michaël Gisquet, troisième avec 26,2% (2 029 voix) à la tête d'une liste citoyenne indépendante, ont tenté de négocier une fusion.
Michaël Gisquet a pris l'initiative lundi soir en proposant une intégration d'une dizaine de colistiers, six postes d'adjoints et un siège de conseiller métropolitain. Une offre que Fabienne Dumas a qualifiée d'"inacceptable", soulignant avec ironie que "dans sa proposition, M. Gisquet oublie qu'il est arrivé dernier".
La candidate a répliqué le lendemain matin par un ultimatum : un poste d'adjoint et quatre colistiers en position éligible, avec un droit de regard sur leur sélection. Le SMS laissait une demi-heure de réflexion, mais Michaël Gisquet a gardé le silence, estimant qu'"une fusion, c'est une intégration équilibrée, pas une absorption".
Des positions irréconciliables
Fabienne Dumas considère que le maintien de la liste de Michaël Gisquet au second tour "fait nécessairement le jeu de la majorité sortante". Elle argumente : "Si l'objectif est vraiment de changer la tendance à Bruges, ce n'est pas en se maintenant qu'on y arrivera. Voter pour M. Gisquet au second tour, c'est apporter de l'eau au moulin de M. Giro."
De son côté, Michaël Gisquet défend sa position indépendante : "Nous sommes une liste indépendante et sans parti. Il fallait faire l'effort, je l'ai fait... C'est mieux ainsi. Nous restons fidèles à nos principes de campagne." Il rappelle s'être déclaré candidat dès l'été 2025 pour combler son déficit de notoriété.
La bataille pour les abstentionnistes
Avec un taux d'abstention de 45,2% au premier tour, la courte campagne qui s'annonce va principalement consister à convaincre les électeurs absents de se rendre aux urnes le 22 mars. Chaque camp espère grappiller 5 à 10% supplémentaires auprès de cette réserve de voix qui pourrait faire basculer l'élection.
Frédéric Giro, qui reprend le flambeau de la maire sortante, s'attendait probablement à un score plus élevé que 41,3%. Mais l'échec des négociations entre ses adversaires lui offre une opportunité inespérée de se maintenir à la tête de la municipalité, même si sa marge de manœuvre reste extrêmement limitée dans cette triangulaire où chaque voix comptera double.



