Bordeaux : un premier tour serré qui fragilise le maire écologiste sortant
Pierre Hurmic, le maire écologiste sortant de Bordeaux, se retrouve dans une position délicate après le premier tour des élections municipales. Bien qu'il arrive en tête avec 27,68% des suffrages, ce score représente une baisse significative par rapport aux dernières estimations et place son maintien à la mairie en grande difficulté. Cette performance marque un recul notable pour le candidat qui avait créé la surprise en 2020 en mettant fin à soixante-treize ans de gestion par la droite bordelaise.
Une gauche divisée qui complique la tâche de Hurmic
La situation du maire sortant est d'autant plus précaire que le bloc de gauche s'est considérablement rétréci. « Plus des deux tiers des Bordelais qui ne votent pas pour le maire sortant, c'est une petite révolution à Bordeaux », souligne Fabien Robert du MoDem, colistier de Thomas Cazenave. Pierre Hurmic doit impérativement récupérer une part substantielle des 9,36% des voix obtenues par Nordine Raymond, le candidat de La France Insoumise, qui échoue aux portes du second tour.
Le camp Raymond prévient cependant : « Il n'y aura pas d'électeurs LFI sans LFI ». Malgré cette mise en garde, plusieurs figures de gauche exercent des pressions amicales pour un rapprochement. Mathieu Hazouard, adjoint socialiste aux sports de Hurmic, déclare : « Je ne méprise pas l'électorat de LFI », tandis que le député écologiste Nicolas Thierry pousse dans le même sens.
La droite joue « un fauteuil pour deux »
De l'autre côté de l'échiquier politique, la situation est tout aussi tendue. Thomas Cazenave, député Renaissance et ancien ministre du budget, arrive en deuxième position avec 25,58% des voix. Mais il doit composer avec la surprise de ce premier tour : Philippe Dessertine, l'économiste libéral candidat citoyen, qui réalise une percée remarquable avec 20,16% des suffrages.
Dessertine, qui critique vigoureusement « une vie politique à bout de souffle », refuse catégoriquement tout ralliement à Cazenave. « Pas de ralliement à Thomas Cazenave », confirme-t-il, créant ainsi une division problématique pour la droite bordelaise. Cette configuration place le troisième homme dans une position stratégique déterminante pour l'issue du scrutin.
Un second tour aux enjeux multiples
Le deuxième tour s'annonce comme un véritable quitte ou double pour l'ensemble des acteurs. Plusieurs scénarios se dessinent :
- Pierre Hurmic pourrait conserver la mairie s'il parvient à mobiliser suffisamment l'électorat de gauche tout en bénéficiant de la division à droite
- Thomas Cazenave a besoin d'un rassemblement de la droite et du centre pour l'emporter
- Philippe Dessertine pourrait soit imposer sa liste citoyenne, soit fragiliser l'alternative à Hurmic en maintenant sa candidature
Durant son mandat de six ans, Pierre Hurmic a progressivement perdu la gauche de sa gauche sans pour autant conquérir l'électorat du centre-droit. Comme il le déplore souvent pour la banquise dont il regrette le réchauffement, son assise politique a fondu, rendant sa réélection particulièrement incertaine dans une ville où la droite espère retrouver le pouvoir perdu il y a quatre ans.



