Avignon : la bataille électorale s'intensifie avant le second tour des municipales
Avignon : la campagne municipale prend un tournant électrique

Avignon : la bataille électorale s'intensifie avant le second tour des municipales

La ville d'Avignon, célèbre pour son histoire papale, se cherche un nouveau maire dans une atmosphère particulièrement tendue. À seulement trois jours du second tour des élections municipales, la campagne prend un tournant électrique et passionnel, révélant les fractures politiques de la cité provençale.

Un premier tour serré et des alliances stratégiques

Dimanche dernier, les résultats du premier tour ont placé l'ancien journaliste Olivier Galzi en tête avec 27% des voix, suivi de près par la candidate du Rassemblement national Anne-Sophie Rigault à 25,5%. Le socialiste David Fournier a obtenu 19,89% tandis que l'insoumise Mathilde Louvain a rassemblé 19,03% des suffrages.

Autour de son triptyque « sécurité, propreté, circulation », l'ancien présentateur du journal télévisé de France 2 a su séduire une partie des 90 000 habitants d'Avignon pour sa première campagne électorale. « On m'a présenté comme le candidat attrape-tout, je préfère dire celui qui rassemble », confie-t-il avec un sourire, vêtu d'un costume impeccable dans son quartier général.

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L'alliance PS-LFI : une fusion qui divise

Cette semaine, un événement majeur a bouleversé la campagne : David Fournier, adjoint adoubé tardivement par la maire socialiste sortante après deux mandats, a annoncé la « fusion technique » de sa liste avec celle de La France insoumise.

Une décision immédiatement qualifiée d'« alliance de la honte » par Olivier Galzi. « Comme on dit au PS, ''quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup''. Et le grand loup à Avignon, c'est Raphaël Arnault ! », lance-t-il avec véhémence.

Le député d'Avignon, qui s'est retiré de la campagne de Mathilde Louvain après l'affaire Quentin Deranque à Lyon, devient ainsi l'épouvantail idéal pour l'ancien présentateur devenu chef d'entreprise. Ce dernier a appelé à un grand rassemblement contre cette alliance place de l'Horloge.

Une campagne marquée par les tensions et les accusations

Au marché populaire de Saint-Jean, à l'extérieur des remparts qui ceinturent le centre-ville, les militants des différents camps se toisent sans échanger. « Mélenchon n'a pas arrêté de leur taper dessus mais le PS va à la soupe », soupire un partisan de Galzi entre deux distributions de tracts.

Dans le camp adverse, on réplique vivement. Galzi a accusé la gauche « d'avoir du sang sur les mains par complicité morale et politique » dans l'affaire Quentin Deranque, déclarant dans le quotidien local La Marseillaise : « On sent qu'il panique, ce n'est pas la première fois qu'il perd son sang-froid. Peut-être veut-il masquer son manque de propositions sur l'écologie et la justice sociale », pique l'adjoint à la mairie Eric Deshayes.

Les enjeux sociaux au cœur des débats

Dans une campagne largement marquée par les questions d'insécurité et de lutte contre le trafic de drogues, la gauche entend marquer des points avec ses propositions sociales. À Avignon, le taux de pauvreté s'élève à plus de 30% et 70% des habitants sont éligibles à un logement social.

David Fournier, le candidat socialiste, défend fermement l'union tant critiquée : « L'urgence sociale dans la ville le justifie. Par ses égarements, monsieur Galzi montre que le costume de maire est trop grand pour lui. Il devrait calmer ses troupes », affirme-t-il, révélant qu'un dépôt de plainte a été effectué contre un soutien de l'ancien journaliste après un incident sur un marché.

À ses côtés, Mathilde Louvain abonde : « Il faut faire front contre l'extrême droite et la droite extrême. » Elle dénonce « une campagne de caniveau proche du complotisme » concernant le rôle attribué à Raphaël Arnault, précisant : « Il restera un soutien car il est député, mais il n'est pas présent dans notre campagne. »

L'incertitude règne avant le scrutin décisif

Avec seulement 47% de participation au premier tour, la mobilisation des abstentionnistes pourrait jouer un rôle déterminant dans l'issue du scrutin. Le Rassemblement national, qui n'a pas répondu aux demandes d'interview, pourrait-il franchir son plafond de verre dans la ville ?

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Les défections au sein des listes, notamment celles de colistiers de Place Publique depuis l'annonce de la fusion, ajoutent à l'instabilité. « Le candidat PS a même perdu son directeur de campagne », remarque amèrement un militant.

Une seule certitude émerge de cette campagne tumultueuse : même dans la « Cité des papes », c'est bien dimanche soir que la fumée blanche apparaîtra, désignant le successeur qui devra relever les nombreux défis d'une ville où les tensions sociales et politiques sont plus vives que jamais.