Maider Arosteguy, maire sortante de Biarritz, prête à revoir le projet Aguilera après un premier tour serré
Arosteguy prête à revoir Aguilera après un premier tour serré

Un premier tour serré et des tensions inédites à Biarritz

Arrivée en deuxième position dimanche 15 mars, au premier tour des élections municipales à Biarritz, la maire sortante Maider Arosteguy se trouve sur les talons de Serge Blanco. Dans un entretien exclusif, elle exprime sa volonté de revoir l'implantation des logements sur le plateau sportif d'Aguilera, un projet qui a cristallisé les débats durant la campagne.

Une campagne marquée par la "starification" de Serge Blanco

"On a assisté dans cette campagne à la starification quasiment hollywoodienne de Serge Blanco", analyse Maider Arosteguy. "Il a bénéficié d'une exposition médiatique énorme dont ni moi ni aucun des autres candidats n'a profité. Cela explique en grande partie ces résultats au coude à coude." La maire sortante ne mâche pas ses mots concernant la qualité de la campagne de son adversaire : "Il n'a pas voulu participer aux débats et quand il l'a fait, on a eu des propos d'une pauvreté absolue. Son programme est touffu, difficilement lisible, c'est une accumulation de promesses non financées, pas du tout en ligne avec les véritables besoins des Biarrots."

Une atmosphère malsaine et des réactions inédites

Au soir du premier tour, Maider Arosteguy a vécu un moment particulièrement difficile. "J'ai été émue par quelque chose d'inédit, jamais vu à Biarritz : j'ai été sifflée", confie-t-elle. "En général, il est habituel de saluer son champion et d'applaudir. Je n'avais jamais entendu auparavant à Biarritz des huées ou des sifflements à l'annonce des résultats des autres candidats. C'est symptomatique d'une atmosphère malsaine. On ne sent pas des gens qui veulent faire gagner leur candidat mais davantage des personnes animées par une forme de haine et de dénigrement."

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Un deuxième tour plus politique et combatif

Face à cette situation, la maire sortante affirme être "encore plus combative" pour le deuxième tour. "On ne peut pas laisser arriver la haine au cœur de la mairie. On doit gérer avec des compétences et avec le cœur, on ne peut pas gérer avec la haine", insiste-t-elle. Sa stratégie pour la suite de la campagne : "On va se concentrer maintenant sur le terrain, sans meeting car il n'y a pas de choses nouvelles à présenter. On sera sur des temps de rencontre, en pied d'immeuble, dans les quartiers, pour échanger et discuter."

La question du positionnement politique

Interrogée sur son positionnement, Maider Arosteguy se défend d'avoir trop tablé sur la droite. "Je suis sur une liste sans étiquette, sans logo. J'ai tablé sur des valeurs de la droite que je porte en matière de fiscalité, de sécurité, de proximité", explique-t-elle. Elle estime que "ces élections ont été plus dépolitisées que jamais", tout en reconnaissant que "ce deuxième tour sera bien plus politique que le premier". Elle annonce d'ailleurs avoir reçu le soutien d'Édouard Philippe et de David Lisnard.

Les recompositions politiques et les alliances manquées

La maire sortante dénonce les "recompositions précipitées" qui ont suivi le premier tour. "J'ai appelé au rassemblement de la droite et du centre. Certaines personnes n'ont pas pris la peine de répondre à cet appel. Même pas pour dire non ce qui aurait été une réponse", regrette-t-elle. "On est dans une absence de courtoisie républicaine qui est choquante." Elle évoque notamment son dialogue avec Guillaume Barucq, qui a finalement choisi de s'allier avec la liste de gauche Biarritz Berri.

Le projet Aguilera en question

Sur le dossier sensible du plateau sportif d'Aguilera, Maider Arosteguy exprime des regrets mesurés. "Je regrette que ce projet n'ait pas été compris par les citoyens, sur sa partie logement. Je pense qu'il faudra une clause de revoyure", admet-elle. Concernant l'avenir du projet si elle était réélue, elle précise : "Non, pas complètement parce que le volet logement doit financer les infrastructures sportives. Mais il faudra revoir l'implantation des logements. C'est le message que j'ai reçu. On ne renonce pas mais on peut retravailler la copie."

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La candidate conclut sur une note déterminée, affirmant sa volonté de "retravailler différemment" le projet en concertation avec les électeurs, tout en maintenant l'objectif de financer les infrastructures sportives grâce au volet logement.