Un résultat serré qui place le RN en position de force à Agen
Le premier tour des élections municipales à Agen a réservé une surprise de taille. La liste Agen en Action, portée par Sébastien Delbosq pour le Rassemblement national, s'est classée troisième, mais à une distance infime du maire sortant. Avec un écart de seulement 164 voix, ce score historique pour l'extrême droite dans la ville place le second tour sous haute tension.
« 65 % des électeurs disent non à Dionis », affirme le RN
Dans la soirée électorale, l'atmosphère était électrique au QG de campagne. Michaël Fargue, numéro trois de la liste, a immédiatement tiré les premières conclusions. « Ce qu'il faut retenir, c'est que 65 % des électeurs disent non à Dionis. C'est le grand perdant ce soir », a-t-il balayé, omettant volontairement le projet du maire sortant, Jean Dionis, candidat à un quatrième mandat.
Il a ensuite présenté le duel à venir comme un choix binaire : « Dimanche, les Agenais ont le choix entre deux visions : une socialiste, et une de droite, la nôtre ». Cette analyse, qui évacue le centre droit représenté par Dionis, illustre la stratégie de polarisation mise en œuvre par le RN.
Une proclamation des résultats jugée « sans classe »
Un incident a marqué la proclamation officielle. Le nom de Sébastien Delbosq a été anonymisé, réduit aux initiales de son parti, le RN. Le candidat a vivement réagi, qualifiant cet acte de « manque de classe ». Cet épisode symbolise les tensions et le mépris qu'il dénonce dans la campagne.
Pourtant, malgré cette friction, les résultats parlent d'eux-mêmes. La liste de Laurent Bruneau (union de la gauche) est arrivée en tête avec 34,50 % des voix. Jean Dionis, le maire sortant, suit, et Sébastien Delbosq le talonne avec plus de 30 % des suffrages, créant une triangulaire extrêmement serrée.
Delbosq : « Je ne crois pas à un effet anti-Dionis, mais pro-Delbosq »
Plus tôt dans la soirée, Sébastien Delbosq, concentré devant son ordinateur, analysait les premiers résultats bureau par bureau. « Depuis le début, je dis aux équipes de Dionis qu'ils sous-estiment la gauche… », commentait-il, tout en pointant les quartiers où sa liste était en tête, comme Lomet ou l'Ermitage.
Il a nuancé l'analyse d'un simple vote de rejet : « Je ne crois pas forcément à un effet anti-Dionis, mais pro-Delbosq ». Pour lui, le mécontentement envers la gestion du maire sortant, en place depuis dix-huit ans, se combine à une adhésion à son propre projet.
Une mobilisation déjà en route pour le second tour
Une fois les résultats complets en main, Delbosq a rejoint ses partisans sous les applaudissements. « Très heureux d'avoir dépassé les 30 % », a-t-il déclaré, tendant immédiatement la main aux électeurs de droite pour un report de voix. « Celle qui s'assume et qui, si elle se rassemble, battra Laurent Bruneau dimanche prochain », a-t-il lancé, visant clairement l'électorat de Jean Dionis.
Michaël Fargue a renchéri : « Notre résultat est une très belle performance, n'ayant aucun élu au Conseil municipal. On fait douter le maire sortant ». Il a critiqué la tactique de Jean Dionis qu'il juge « d'extrémiser et de mépriser ses adversaires ».
Déjà, l'équipe de campagne prépare la suite. Entre les discussions et les consultations des derniers résultats sur smartphone, un nouveau meeting est annoncé pour mercredi. Le mot d'ordre est simple et clair : « la mobilisation ». Le second tour, dimanche prochain, s'annonce comme un véritable test pour l'implantation du RN à Agen, avec un espoir de victoire qui semble désormais à portée de main pour Sébastien Delbosq et sa liste.



