Venezuela : les réformes de Delcy Rodriguez séduisent Washington après la capture de Maduro
Venezuela : réformes de Rodriguez plairent à Washington

Un rapprochement stratégique qui s'intensifie

Deux mois après la capture spectaculaire du président Nicolas Maduro par l'armée américaine, le processus de normalisation entre les États-Unis et le Venezuela connaît une accélération notable. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a accueilli avec un protocole chaleureux, ce mercredi, le secrétaire américain à l'Intérieur, Doug Burgum, une figure politique reconnue pour ses liens étroits avec les industries pétrolière et gazière.

Une série de réformes structurelles sous pression américaine

Sous l'influence déterminante de Washington, Delcy Rodriguez – qui avait déjà reçu plusieurs hauts responsables américains ces dernières semaines – a engagé une transformation profonde de l'économie vénézuélienne. Elle a notamment promulgué une réforme majeure de la loi sur les hydrocarbures, ouvrant ainsi ce secteur stratégique aux investissements privés étrangers.

Parallèlement, le gouvernement intérimaire a décrété une amnistie générale visant à libérer l'ensemble des prisonniers politiques, s'est engagé à entreprendre une réforme complète du système judiciaire, et a réitéré, ce mercredi même, sa promesse de modifier substantiellement le code minier national.

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L'approbation sans réserve de l'administration Trump

Ces initiatives politiques et économiques rencontrent un écho extrêmement favorable à Washington. L'ancien président Donald Trump a publiquement félicité, via son réseau social Truth Social, la présidente par intérim pour ce qu'il a qualifié d'« excellent travail ». Delcy Rodriguez a immédiatement répondu en remerciant chaleureusement « l'aimable disposition de son gouvernement à travailler conjointement à un programme qui renforce la coopération binationale au bénéfice des peuples des États-Unis et du Venezuela ».

Dans un geste concret de normalisation, l'administration américaine a autorisé, ce même mercredi, la compagnie aérienne American Airlines à rétablir des liaisons aériennes avec le Venezuela par l'intermédiaire de sa filiale, Envoy Airlines. Ces vols étaient suspendus depuis 2019, suite à la rupture des relations diplomatiques entre les deux nations.

Des perspectives économiques « illimitées » selon Burgum

Lors de sa visite à Caracas, Doug Burgum, qui occupe également la présidence du Conseil national énergétique des États-Unis, a exprimé un optimisme sans borne. « Les possibilités de collaboration et de synergie entre les deux pays […] sont illimitées », a-t-il déclaré. Il a précisé être accompagné de « plus de deux douzaines d'entreprises américaines, parmi les plus grandes, les plus solides et les meilleures sociétés minières au monde […] impatientes de se mettre au travail ». Le secrétaire américain doit inspecter des sites miniers ce jeudi avant de regagner les États-Unis.

Un contexte de sanctions allégées et de richesses naturelles

Ce rapprochement intervient dans un cadre historique marqué par des sanctions américaines. Washington avait imposé des restrictions sévères au secteur pétrolier et aurifère vénézuélien après la réélection contestée de Nicolas Maduro en 2018, scrutin boycotté par l'opposition. Depuis la capture de l'ancien président, Donald Trump a pris le contrôle opérationnel du secteur pétrolier vénézuélien et a sensiblement assoupli le régime des sanctions pesant sur Caracas.

La visite de Doug Burgum suit de près celle du secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, qui s'était rendu sur des sites pétroliers peu après l'adoption de la réforme sur les hydrocarbures. Le Venezuela, rappelons-le, dispose d'immenses réserves de minerais stratégiques, notamment d'or, de diamants, de bauxite et de coltan, ce qui explique en grande partie l'intérêt économique renouvelé des États-Unis.

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